lundi 9 juillet 2012

L'Entv répond à TV5 et France 3 de Sidi Fredj


«Celui qui enseigne le bien aux autres, sans le faire, est semblable à l'aveugle qui porterait une lanterne.» Proverbe algérien
La Télévision algérienne, qui est restée silencieuse depuis quelques mois, a décidé de répondre à l'offensive audiovisuelle française, en débutant son programme du Cinquantenaire à partir du port de Sidi Fredj, là où la douloureuse histoire entre l'Algérie et la France a véritablement commencé. Ainsi, au moment où France 3 a instrumentalisé Malek Bensmaïl pour quelques euros de plus afin de réaliser un documentaire à la gloire de la colonisation positive de la France et surtout dénoncer la violence du FLN et, au moment où la petite et pauvre chaîne TV5, qui ne peut donner que 2500 euros comme soutien à un documentaire et qui était en panne d'idées pour utiliser le talent de la création de quatre jeunes réalisateurs algériens afin de filmer pour «eux» mais pas pour «nous» un été à Alger, où la version cinéma d'auteur et web-doc du Cinquantenaire de la télévision francophone. Si France 3 a choisi le volet difficile de produire du documentaire historique et que TV5, de produire à petit budget des web doc, l'Entv a choisi de planter le décor aux portes de l'Histoire, ouvrant ainsi la première page de la résistance à la colonisation. La télévision publique a investi depuis lundi soir la côte algéroise, pour installer l'un des plus importants décors que la télévision algérienne ait réalisé depuis l'Indépendance. C'est à partir du port qu'un certain 14 juin débarqua l'armée française pour une colonisation qui a duré plus de 130 ans. L'émission qui sera diffusée le soir du 5 juillet, s'intitule L'Algérie résistante. Animée par la présentatrice vedette de la chaîne A3 Fouzia Bouzbek, elle évoquera avec des historiens de renom, dont le plus célèbre reste Babaci, l'histoire du débarquement de l'armée française dans notre pays. Les intervenants vont expliquer surtout en détail, ce qui a procédé de ce débarquement: le contexte historique, et surtout économique difficile des Français (un peu comme aujourd'hui avec la crise) et ce qui en a résulté, le fameux coup de l'éventail donné par le Dey Hussein au consul français Pierre Deval. Les intervenants parleront également de l'importance de la mobilisation de quelque 37.000 soldats français répartis dans 675 bâtiments affrétés par l'entreprise Seillière et de la bataille violente de Staouéli qui a obligé les janissaires turcs à solliciter le soutien des premiers travailleurs de la capitale venus de Kabylie et de la vallée du Mzab. C'est visiblement la barbarie du colonisateur et la violence de son entrée dans l'histoire de l'Algérie que l'Entv a choisi de mettre en valeur dans ses programmes, au lieu des témoignages des pieds noirs partis les mains devant et les mains derrière, que France 3 voulait mettre en évidence pour célébrer les 50 ans de la fin de la Guerre d'Algérie. Entre la victimisation des Français et la gloire des martyrs des Algériens, l'Histoire a choisi de s'arrêter pour regarder l'avenir et dire: que réserve le passé au futur?
Amira SOLTANE
L'expression

dimanche 8 juillet 2012

Cinquantenaire de l'Indépendance L'Algérie célébrée aux week-ends du monde


Le cinquantenaire de l'Indépendance de l'Algérie sera célébré au Québec. L'organisme Festi-Tam, animé par des Algériens et des Québécois, organise, aujourd'hui samedi au parc Jean-Drapeau, une journée d'activités, sous le slogan générique Québec-Algérie, pour souligner la fête du 5 Juillet, date du recouvrement de l'indépendance du pays. Festi-Tam prévoit ainsi une soirée de spectacles avec une pléiade d'artistes algériens. Parmi eux, on peut citer le groupe Labess qui vient d'éditer un opus, cheb Fayçal, le ballet Maghreb, Djamel Lahlou, Myriem Saci, etc.
Le programme durera de 12h à 22 h sur l'île artificielle. Pour sa part, le Centre culturel algérien (CCA) a tenu également à marquer cette date phare de l'histoire de l'Algérie, en organisant aujourd'hui des festivités au quartier Saint-Michel.
Par ailleurs, le consulat général d'Algérie à Montréal a organisé une cérémonie de recueillement avec dépôt d'une gerbe de fleurs ; la cérémonie a été suivie de la levée des couleurs nationales, mercredi à 19h (minuit, heure algérienne). Auparavant, le Dr Ahmed Bensaâda a donné une conférence dans laquelle il est revenu sur la chronologie de la colonisation française depuis le “coup de l'éventail”.
Rappelons que le programme du consulat concocté à cet effet s'étale sur le restant de l'année 2012. Enfin, l'ambassade d'Algérie à Ottawa compte organiser une cérémonie officielle, le 8 juillet, pour honorer la mémoire des martyrs de la guerre de Libération nationale.
Une cérémonie qui vient clôturer une semaine d'activités culturelles marquant le cinquantenaire de l'Indépendance.

Y. A

Mouvement national : L'apport de l'immigration mis en exergue


L'historien Jean-Luc Einaudi a souligné l'apport «incontestable» de l'immigration algérienne au Mouvement national, regrettant que des exécutions capitales en France de combattants algériens condamnés à mort et le regroupement d'autres dans des centres d'internement soient à ce jour «ignorés» et «dissimulés» par les autorités françaises.
«Le rôle de l'immigration algérienne a été essentiel en France à partir même des années 20 du siècle dernier durant lesquelles on a assisté au développement d'un mouvement contre la domination coloniale», a indiqué M. Einaudi lors d'une conférence-débat animée au consulat d'Algérie à Bobigny, à l'occasion du cinquantenaire de l'indépendance nationale.
Pour l'historien, il est impossible de comprendre la Révolution nationale algérienne «si on n'a pas en tête ce qui s'est passé à cette époque-là». «Souvent, c'est méconnu, tout particulièrement par les Français», a-t-il dit, citant les moments cruciaux qui ont vu naître, dès 1924 à Paris, le mouvement nationaliste de l'Emir Khaled, petit-fils de l'Emir Abdelkader, la création, en 1926, de l'Etoile nord-africaine par Messali Hadj (secrétaire général) et Hadj Ali Abdelkader (président), et la naissance, en mars 1937 à Nanterre, du Parti du peuple algérien (PPA), après la dissolution en janvier de la même année de l'Etoile nord-africaine.
Il évoquera, par la suite, le cheminement du combat du PPA, après les massacres du 8 mai 1945, sous l'appellation du Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (Mtld) qui se voulait une «couverture légale» du PPA, pour notamment participer aux élections locales, et la venue en France de l'OS (Organisation secrète) pour prendre la direction de la Fédération de France du Mtld, confiée à feu Mohamed Boudiaf, rejoint par la suite par Didouche Mourad.
«C'est ce même Boudiaf qui partira, en mars 1954 de Paris, pour fonder en Algérie le Comité révolutionnaire pour l'unité et l'action (Crua), mettant fin à la scission au sein du PPA-Mtld, l'été 1953, et prenant la responsabilité d'engager l'action armée en novembre 1954», a précisé l'auteur de «Scènes de la guerre d'Algérie en France : Automne 1961». En plus de l'action armée, portée pour la première fois en terre ennemi dès août 1958 avec les incendies des raffineries de Mourepiane (Marseille), il évoquera l'apport logistique de l'immigration algérienne en France à la Révolution algérienne, affirmant que les cotisations des travailleurs immigrés étaient la «principale source de financement du Gpra (Gouvernement provisoire de la République algérienne)».
L'historien mentionnera, à cette occasion, les actions de «représailles» dont ont fait l'objet les Algériens à l'époque de la guerre de Libération nationale, signalant notamment la torture qui, a-t-il affirmé, était utilisée «massivement en Algérie, mais aussi en France». «Les premiers cas que je connais remontent à 1957. La torture a été beaucoup employée par la DST, mais pas seulement», a-t-il dit, signalant la mise en place, dès 1959, de camps d'internement où des milliers d'Algériens de l'immigration seront parqués. Selon l'historien, rares sont en France qui savent qu'il a y eu des camps d'internement dans la région du Larzac (Sud) et à Saint-Maurice L'Ardoise (Gard). «Ce sont des prisons qui sont devenues des lieux d'éducation politique, de lutte aussi avec des grèves de la faim», a-t-il ajouté, faisant, par ailleurs, part de nombreux assassinats, de disparus parmi les militants et cadres du FLN. Affirmant s'exprimer en tant que citoyen français, M. Einaudi a tenu aussi à livrer son témoignage d'historien sur quelque chose qui lui tenait «à cœur» : l'exécution de combattants algériens condamnés à mort. «En tant que citoyen français, je dois dire que je n'ai jamais accepté, je n'accepte pas et je n'accepterai jamais qu'on ait fait et qu'on continue à faire de François Mitterrand (alors ministre de la justice) la grande figure de la gauche française», a-t-il martelé. L'historien a rappelé que, parmi les nombreux condamnés à mort guillotinés sur ordre de Mitterrand, il y a avait des «prisonniers de guerre auxquels l'Etat français refusait le titre les considérant - puisqu'il n'y a avait pas de guerre selon la terminologie coloniale- comme des hors-la-loi». «Les exécutions capitales ont eu aussi lieu en France et ont ciblé des combattants de la Fédération du FLN. Elles ont pour théâtre les prisons de la Santé, de Montluc à Lyon, de Dijon et, peut-être, d'autres lieux», a-t-il indiqué, signalant que cela est «absolument ignoré, dissimulé». L'historien a enfin rendu hommage à la contribution de l'immigration algérienne au mouvement national en rappelant sa participation à la manifestation, réprimée dans le sang, du 17 octobre 1961 à Paris, pour braver le couvre-feu discriminatoire imposé quelques jours auparavant par le préfet de police Maurice Papon, aux Algériens.
N. B. 

50ème anniversaire de l'indépendance : La Belgique, un jour, algérienne

Comme pour se rappeler sa proximité, hier, avec le combat libérateur de l'Algérie, la Belgique a tenu à marquer son amitié et sa solidarité à l'Algérie libre d'aujourd'hui. 

La Belgique a autant, peut-être mieux que la France,marqué sa participation à la commémoration du 50ème anniversaire de l'indépendance de l'Algérie. Les manifestations ont eu lieu à deux niveaux : celui réalisé par des associations civiles algériennes, ou belgo-algériennes et celui manifesté par les autorités ou officiels belges. De nombreuses activités, dont nous avons rendu compte dans nos éditions des mois de mars à juillet, ont été l'oeuvre de bénévoles algériens, soutenus à l'occasion par les autorités belges et celles de notre mission diplomatique et consulaire.    Des films historiques ou de témoignages, des expositions, des conférences données par des Algériens et Belges, des soirées musicales, etc. ont « parcouru » le pays depuis le mois de janvier. Il faut relever la mobilisation de la gent féminine algérienne, de loin plus importante que celle des hommes dans l'organisation des événements. 

Côté officiel, les premiers responsables des grandes villes belges ont invité, à la veille du 5 juillet, à des réceptions « d'amitié et de solidarité » le corps diplomatique algérien conduit par l'ambassadeur et le consul algériens. Ainsi, les villes de Bruxelles-Capitale, Liège et Gand ont reçu les diplomates algériens pour leur souhaiter « un bon anniversaire » et leur renouveler leur solidarité. Par ailleurs, l'Association internationale soufie Alawiya (AISA), en collaboration avec les autorités algériennes et des associations belgo-algériennes ont eu l'ingénieuse idée de tenir du 25 au 28 juin au Parlement européen et du 29 juin au 1er juillet à l'hôtel de ville de Bruxelles une exposition sur l'Emir Abdelkader, fondateur de l'Etat moderne algérien. 

ABDELKADER LE GRAND 

Sous le slogan « L'Emir Abdelkader : un homme, un destin, un message », l'exposition a permis de lever toute équivoque sur la prétendue idée que l'Algérie moderne est une création de la France. 

Le combat de l'Emir durant 17 ans contre les troupes françaises, sa stratégie de structuration des institutions de l'Etat algérien et sa négociation avec les maréchaux français pour éviter le massacre des populations par la France coloniale sont mis en évidence à travers des « pendentifs », sorte de toiles écrites dans le hall central du Parlement européen. 

A l'hôtel de ville de Bruxelles, en plus de l'exposition, la Commissaire générale de l'exposition, Mme G. Simone-Khedis, a invité le cheikh Khaled Bentounes de l'association « Fraternité soufie Alawiya » et président d'honneur de l'association «les Amis de l'Islam» pour une conférence sur la Tariqa Alawiya et le soufisme.        C'est que l'Emir, au-delà de ses qualités de guerrier et homme d'Etat, a versé dans le soufisme, particulièrement lors de son exil à Damas, où il a eu à mettre sous sa protection des milliers de chrétiens, menacés par des intégristes de tous bords. A propos de la sagesse de l'Emir, cheikh Bentounes affirme « qu'il - l'Emir - espérait que l'Orient et l'Occident auraient un destin qui les pousserait à construire un avenir ensemble. En cela, son message reste d'une actualité brûlante, un défi pour le XXIème siècle. » Ce rêve d'un Orient et un Occident réconciliés de l'Emir Abdelkader a été celui d'un seul autre grand homme de l'histoire sur la rive nord de la Méditerranée : le Macédonien Alexandre le Grand ( 4ème siècle Av. JC). C'est dire que ces grands personnages à la fois guerriers et humanistes ne se manifestent qu'une seule fois entre plusieurs siècles. En accueillant l'exposition, le Parlement européen et la Belgique ont rendu hommage à l'Algérie combattante, historique. 

GEORGES LAPERCHES, MARTYR DE L'ALGERIE 

Cette Belgique qui a été un maillon central dans la mise sur pied du « Front du Nord » durant la guerre de libération. Des centaines de Belges ont accueilli, protégé, caché, transporté et fourni de faux papiers aux moudjahidine. Certains y ont laissé leur vie. Et c'est à travers l'exemple héroïque de l'un d'entre eux, Georges Laperches, que la ville de Liège a rendu hommage à tous les martyrs belges pour une Algérie libre. Né en 1912, il était fils unique et agrégé d'histoire de l'université de Liège. Il a été assassiné par la « Main rouge » (organisation terroriste française activant dès les années 50 en Algérie, puis en Europe. Elle est l'ancêtre de l'OAS) parce qu'il a caché un jeune étudiant algérien, Rachid Krim, ami de son propre fils, Jean Pierre. Grâce à l'association Les Amitiés belgo-algériennes (LABA), présidée par Mme Ghezala Cherifi, et au conseiller communal Hassan Boussetta, Belge d'origine marocaine, la ville de Liège a rendu un hommage appuyé, plein d'émotion et de souvenirs au martyr Georges Laperches. Sa famille, enfants, petits-enfants et femmes de la famille Laperches étaient présents à la cérémonie.           D'ailleurs elle cherche encore aujourd'hui Krim Rachid qu'elle croit toujours en vie et vivrait du côté de Annaba. Mme Ghezala Cherifi a lu un message de reconnaissance de l'Algérie indépendante aux Belges d'hier et d'aujourd'hui. Le sénateur et bourgmestre (maire) de la ville de Liège a rappelé le combat des Belges pour la juste cause des Algériens en guerre. La réception qui a suivi a permis aux nombreux présents, élus, hauts responsables et amis maghrébins de l'Algérie de s'entretenir avec les responsables algériens, consul général en tête, sur l'actualité de l'Algérie, ses ambitions et son avenir. En fin de compte, la communauté algérienne a vécu, tout au long de cette année, au souvenir de l'Algérie combattante, ses questionnements sur le présent et ses aspirations pour l'avenir. La Belgique a été, quelque part, algérienne à l'occasion de ce cinquantenaire algérien. 

Le Quotidien d'Oran

samedi 7 juillet 2012

50e anniversaire de l’indépendance : Tahya el Djazaïr Juillet 1962, l’Algérie arrache son indépendance. Le 5 juillet couronne une victoire sur les plans politique et militaire. Une victoire menée avec courage et détermination dans les villes comme dans les campagnes.


Juillet 1962, l’Algérie arrache son indépendance. Le 5 juillet couronne une victoire sur les plans politique  et militaire. Une victoire menée avec courage et détermination dans les villes comme dans les campagnes. Une cause d’un peuple qui a vaincu la peur, la fatalité et s’est levé dans la souffrance pour porter, sur les tribunes internationales, la guerre de Libération nationale déclenchée en cette seconde moitié du 20e siècle. Un soulèvement émancipateur qui aura des conséquences, que l’histoire dans ses cheminements imprévisibles révèlera aux humains plus tard… quand ils prendront le temps d’évaluer, d’analyser et de saisir, après coup, les mutations et changements apportés sur les plans régional et continental. Les télévisions du monde entier, les photographes ont immortalisé le drapeau vert et blanc, frappé de l'étoile et du croissant rouge brandi par des milliers d’Algériens ivres, enfin, de bonheur en ce juillet 1962. Les rues des villes et villages deviennent nos pages où s’écrit l’histoire en direct. Du fond des vallées comme sur les sommets des montagnes, dans les ruelles des casbahs ou les boulevards, sur les terrasses ou à partir des balcons… un seul cri !
Écoutez ce «Tahya el Djazaïr», cri éternel, cri de ralliement, hier déchirant la nuit dans les couloirs de la mort, dans les geôles, dans les maquis et villages. Il est l’ultime cri qui accompagne la dépouille du martyr… un youyou de nos mères à nul autre pareil. Existe-t-il sur terre un Algérien insensible, sourd à ces cris ? En 1830, une France belliqueuse, coloniale embarque sur des navires, traverse la Méditerranée,  déverse une horde qui inscrira au frontispice des grands crimes des XIXe et XXe siècles, les méfaits que même l’usure du temps n’a pas atténués. Des tribus entières ont été emmurées, enfumées, des villages rasés, des régions décimées, une population lettrée, grâce à un dense maillage d’écoles coraniques, est renvoyée dans le Moyen âge. Bugeaud, Saint Arnaud, Pélissier… sont les tristes héros de ces crimes à  grande échelle commis à l’aube du colonialisme, de même que, plus tard, Massu, Aussaresses et tant d’autres restent devant l’Eternel des criminels de guerre pour les innombrables exécutions sommaires, tortures commises par des «équipes de tueurs professionnels» au service d’une république indigne au crépuscule de ce même colonialisme. Une république frappée d’amnésie incapable de se souvenir de la moindre ligne écrite dans la passion et la fureur par d’illustres citoyens de la Révolution française, de la Déclaration universelle des droits de l’homme ou des conventions internationales, et qui aurait pu interpeller sa conscience. Une administration complice, coupable, scribes zélés, prompts à trouver les formules juridiques et les tournures de phrases pour faire disparaître des rapports, le feu du napalm dans l’arrière-pays et l’atroce répression dans les villes ne gardant que l’expression d’une simple administration dans un département relevant de affaires internes de la France.
Le tiers de la population algérienne sera anéanti, exterminé pour les besoins d’une colonisation de peuplement durant la seconde moitié du XIXe siècle. Deux millions, sur une population de huit millions, seront arrachés à leur terre, jetés dans des ghettos, parqués dans des centres de regroupement un siècle plus tard. Le canon et le fusil du début vont être méthodiquement «perfectionnés» pour les rendre plus meurtriers, jusqu’à l’utilisation du napalm dans cette seconde moitié du XXe siècle sous le silence encourageant, consentant d’une administration encore plus coupable et également agissante par son recours à la guillotine. Une force destructrice, d’une telle violence, d’une telle barbarie, s’est abattue sur l’Algérie, et l’Algérien martyr a souffert dans sa chair et son âme. Une nuit longue, de 132 ans. L’Algérie a-t-elle, pour autant, trouvé le sommeil du juste dans cette nuit ?
 Écoutez ces cris de douleur et de rage. Jamais le colon ne trouvera la paix sur ces terres volées qui ne l’ont pas vu naître, dont il n’est pas propriétaire. L’insurrection va, à chaque fois, ponctuer le discours «fermier» des militaires et des colons. Cette terre n’était pas une terra incognita, mais avait ses racines qui plongeaient loin dans le temps. Et quand l’armée pensait avoir «pacifié» la zone, sortait d’un coup, un nom, un étendard, une région ou une tribu pour dénoncer la rapine en cours. «Une petite rébellion de temps en temps, c'est comme un orage qui purifie l'atmosphère.» L’émir Abdelkader, Lalla Fatma N’Soumer, El Mokrani, Bouamama. C’est une nuit sans sommeil, sans repos, sans paix et sans bonheur... mais avec courage. « Il n'est point de bonheur sans liberté ni de liberté sans courage », tranche un stratège du nom de Périclès, il y a 25 siècles, à Athènes.
 « Il faut avoir beaucoup erré dans l’Ombre pour toucher la Lumière… ». Le vingtième siècle sera celui du combat, de l’éveil à la nation, et le glas va sonner sur les rêves d’empire napoléonien, que le XIXe siècle a transplanté en Algérie. Plusieurs  leaders algériens sortent des rangs, se singularisent de la masse et revendiquent à la France le droit à l'égalité ou à l’indépendance.
L'émir Khaled, Messali Hadj, Ibn Badis, Ferhat Abbas... Un bouillonnement et foisonnement d’idées qui vont mûrir en s’entrechoquant tant les méthodes divergeaient. Bientôt les partis politiques vont apporter, sous une apparente rivalité, un nouveau souffle que le centenaire de la colonisation, en 1930, n’arrive pas à faire taire : les mouvements réformistes, mouvement pour l'égalité, Association des oulémas musulmans algériens, Parti du peuple algérien, Amis du Manifeste des Libertés, Parti communiste algérien... Même les échecs et limites dans la vision, même les oppositions entre eux ne vont, en fait, que mieux les préparer pour un seul rendez-vous. Les échecs passés ne font que préparer à une rencontre inscrite même dans les gènes de l’histoire. « Pour les questions de style, nage avec le courant ; sur les questions de principe, sois solide comme un roc.» Et ce roc va faire parler de lui en novembre 1954.
 Nos aînés nous ont restitué un pays qui, par sa superficie, est le plus grand pays du continent africain, du monde arabe, et du pourtour méditerranéen... Hier, on a écrit notre histoire dans l’adversité ; aujourd’hui, notre histoire s’écrit avec le savoir dans les universités, avec la démocratie dans les partis, avec la république dans les institutions de l’État et, surtout, avec le potentiel de la jeunesse... seule réserve inépuisable du renouveau.
 El Moudjahid

Le cinquantenaire de l’indépendance de l’Algérie vu par la presse française



La France absente aux commémorations officielles, le traité d'amitié renvoyé aux calendes grecques, la question des Pieds-noirs envenime encore le passé... Tels sont les points développés par la presse française dans son édition du 5 juillet 2012.


Comment la presse française a rendu compte de la commémoration du cinquantenaire de l’indépendance de l’Algérie ? Reportages réalisés d’Alger à la veille de la journée du 5 juillet 2012, peu d’entretiens mais beaucoup d’articles de rappel de faits historiques et d’analyses du contexte national et international dans lequel s’invite cette année ce 50e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie. Quatre mois auparavant, les journaux et périodiques de l’hexagone ont mis les bouchées doubles sur la commémoration du 19 mars 1962, celle du cinquantenaire de la signature des accords d’Evian. Le journal Libération note à ce propos que «Côté français, la date choisie pour célébrer cet anniversaire, fut le 18 mars, jour de la signature des accords d'Evian qui jeta les bases de la coopération bilatérale. Les médias, les associations et les historiens se sont chargés de faire revivre une mémoire commune mais difficilement partagée. Pour René Gallissot, historien, professeur émérite de l'université Paris 8 auteur de "Accords d'Evian en conjoncture et en longue durée" (Ed. Karthala, 1997), "la commémoration de cette date est un peu hypocrite. Pour effacer la guerre d'Algérie qui a été horrible, pour ne pas parler de l'indépendance qui a été accordée, on préfère parader sur la coopération».
Dans les journaux du 5 juillet 2012, l’information principale relayée par les quotidiens et périodiques est l’absence de la France aux commémorations officielles de l’Algérie, relevant également le peu d’enthousiasme affiché par le Président de la République, François Hollande, dans ses vœux adressés à l’Algérie à l’occasion du cinquantenaire de son indépendance.
Le journal Libération, explique cette absence de la France, comme invitée officielle de l’Etat algérien par «une réconciliation qui n’est pas encore au rendez-vous». Pourtant, note le journal, «les paroles se libèrent : les tortures sont un fait reconnu par les acteurs eux-mêmes, la colonisation commence à être enseignée dans le détail dans les manuels scolaires». Mais le traité d’amitié franco-algérien est renvoyé aux calendes grecques. PourLibération, les tensions entre les deux pays ont été avivées de part et d’autre. En France, par la loi sur les "effets bénéfiques" de la colonisation en 2005 –abrogée depuis-, le débat sur l'identité nationale, les polémiques autour des dates et des lieux de mémoires ; en Algérie, par les propos blessants des autorités algériennes envers les harkis : «autant de débats publics qui ont cristallisé une guerre mémorielle sur un passé encore douloureux.»
Sous le titre "Algérie: Lever le secret défense sur les essais nucléaires", Libération accorde un entretien au député européen d’Europe Ecologie Les Verts (EELV), Yannick Jadot qui, réagissant au fait que François Hollande s’est rendu le mercredi 14 juillet à bord u "Terrible", sous-marin Français lanceur de bombe, pour défendre la dissuasion nucléaire, a regretté que le président n’a pas plutôt choisi cette date, jour du 50e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, pour régler la question des déchets nucléaires toujours enfouis dans les sols de l’ancienne colonie.
Ainsi, invité à s’expliquer sur cette critique de la sortie de François Hollande à bord d’un sous marin nucléaire, le jour même du 50e anniversaire de l’indépendance d’Algérie, le député européen des Verts estime que "Le jour du 50e anniversaire de l'indépendance de l'Algérie, il y avait mieux à faire. Cela aurait été un bon geste de la part du nouveau président de lever le secret défense sur les activités nucléaires de la France dans le Sahara. On sait qu’il y eu des essais atmosphériques et souterrains dans les années soixante. Aujourd’hui encore, il y a toujours des déchets nucléaires enfouis au Sud Sahara et des milliers de personnes qu’il faudrait indemniser. Je pense que François Hollande n’a même pas fait le lien entre les deux, mais ce déplacement trouve écho dans l’histoire franco-algérienne. Il aurait pu ouvrir les archives militaires pour que les Français dépolluent ces sites."
Le journal Le point marque à sa façon ce cinquantenaire de l’indépendance de l’Algérie en consacrant un article très orienté sur les Harkis, rappelant les massacres d’Oran le 5 juillet 1962, les qualifiant de "pogroms": "À Oran, le 5 juillet, une manifestation dégénère et se transforme en pogrom. Des centaines d'Européens - deux mille, disent les organisations de rapatriés - sont massacrés, enlevés. Un million de pieds-noirs, accablés de chagrin, quitteront à jamais l'Algérie. Quelques milliers de harkis aussi. Les autres - des dizaines de milliers - finiront horriblement martyrisés." Pour Le Point, l’histoire des Harkis est une tâche noire de l’indépendance de l’Algérie. L’article établit un parallèle historique entre les Palestiniens chassés de leur terre en 1948 et les pieds-noirs chassés de leur terre chassés de leur terre en 1962 : "Vae victis (malheur aux vaincus) : le vieil adage romain s'applique inexorablement à la tragédie algérienne. Les pieds-noirs étaient, après tout, aussi nombreux (et même un peu plus) que les Palestiniens qui, en 1948, furent chassés de leurs terres lors de la création d'Israël. D'où vient que les premiers sont recouverts du linceul de l'oubli alors que les seconds occupent régulièrement - et à juste titre - la une de l'actualité ? Beaucoup de pieds-noirs étaient en Algérie depuis trois, voire quatre générations. Combien de temps faut-il pour être véritablement chez soi ?"
Pour Le Point, le visage horrible de la colonisation, la pratique systématique de la torture par l’armée française, tout cela ne doit pas, écrit le journal, transformer les combattants du FLN "en douces colombes." : "Le FLN a imposé sa loi par la persuasion mais aussi par la terreur, liquidant systématiquement ceux qui n'étaient pas dans la ligne, notamment les partisans de Messali Hadj. Il a pratiqué un terrorisme aveugle. Il a mis en place le système totalitaire qui allait enserrer l'Algérie indépendante dans un carcan sclérosant. Il a, plus tard, instauré une police de la mémoire collective au profit d'une caste prédatrice, toujours au pouvoir aujourd'hui."
Le quotidien Le Monde secoué par ses publi-reportages achetés par Bouteflika, sous le titre "En Algérie, la fête est en partie gâchée par un désenchantement général", dans son édition du 4 juillet 2012, rapporte des propos d’Algériens sur la situation de l’Algérie cinquante après et l’attitude de la France sous le quinquennat de François Hollande sur la réconciliation entre les deux pays.
Le Figaro, s’appuyant sur l’agence Reuters, croit savoir que François Hollande se rendra si possible avant la fin de l'année en Algérie : «Dans une lettre adressée au Président algérien Abdelaziz Bouteflika, François Hollande se déclare favorable à l'approfondissement du partenariat entre les deux pays et à une lecture apaisée de l'histoire entre l'ancienne puissance coloniale et le pays d'Afrique du Nord.» en commentant largement la missive adressée par le Président français à son homologue algérien : "La France considère qu'il y a place désormais pour un regard lucide et responsable son passé colonial si douloureux et en même temps un élan confiant vers l'avenir (…) Notre longue histoire commune a tissé entre la France et l'Algérie des liens d'une densité exceptionnelle. Nous devons aller ensemble au-delà pour construire ce partenariat que vous appelez de vos vœux." Selon Le Figaro, l'arrivée à l'Elysée de François Hollande "qui a fait un stage de huit mois à l'ambassade de France en Algérie en 1978" a fait renaître des espoirs d'une réconciliation.
Synthèse R.N
Le matin

Indépendance de l'Algérie : 1962-2012, il était une fois un demi-siècle d'épreuves


Jeune Afrique.com


Son indépendance reconquise, l'Algérie s'est trouvée face à un immense défi : construire une nation. Véritable laboratoire, elle n'a pas choisi la voie la plus simple. Questions identitaires, combats fratricides, luttes pour le pouvoir, apparition du fondamentalisme, ravages de l'économie planifiée, insurrection islamiste... Les Algériens ont beaucoup souffert, mais ils n'ont jamais cessé d'avancer.
Née au forceps d'une guerre de libération après une longue nuit coloniale, l'Algérie indépendante a presque tout connu au cours de ses cinquante premières années d'existence. L'euphorie de la citoyenneté retrouvée n'est pas encore retombée lorsqu'éclate un conflit armé fratricide pour le contrôle du pouvoir. L'été 1962 sera aussi meurtrier que les précédents. Militaires contre politiques, maquisards de l'intérieur contre armée des frontières, le choix des armes pour régler les questions de leadership prend les allures d'un péché originel qui déterminera la suite des événements. Le peuple investit la rue pour crier « sept ans, cela suffit ! » Et si les armes se taisent enfin, les cicatrices, elles, auront du mal à se refermer. Il y a un vainqueur, le colonel Houari Boumédiène, chef d'état-major général de l'Armée de libération nationale (ALN), et de nombreux vaincus : l'élite politique, les chefs historiques des maquis de l'intérieur et les libertés publiques. Tous victimes au nom des « intérêts supérieurs de la révolution ».

Le Front de libération nationale (FLN) est érigé en quasi-divinité, mais le pouvoir est ailleurs que dans cette coquille vidée de sa substance. Au nom de la délicatesse de l'étape, les sujets qui fâchent sont courageusement évités, la question de l'identité plurielle de ce pays de plus de 2 millions de kilomètres carrés occultée.
Conséquence : en 1963, le Front des forces socialistes (FFS, de Hocine Aït Ahmed, grande figure du mouvement national) fait le choix des armes et lance son éphémère maquis en Kabylie. Quelques semaines plus tard, c'est l'armée marocaine qui pénètre en territoire algérien. Ce bref conflit, réglé par une médiation malienne, entre dans l'Histoire sous l'appellation de « guerre des Sables ».
Modèle pour le Tiers Monde
La menace extérieure fédère quelque peu les forces politiques, mais l'illusion fait long feu. Les intrigues politiques ne cessent pas et l'Algérie émancipée, modèle pour le Tiers Monde, Mecque des indépendantistes de tous les continents, voit ses héros d'hier tomber en disgrâce les uns après les autres. Elle vit son premier coup d'État le 19 juin 1965. Déjà au pouvoir, l'armée s'impose comme le rouage essentiel du système. Le Conseil de la révolution, présidé par Houari Boumédiène, prend les commandes d'un pays déjà fatigué de ses politiques. Le président qu'il a renversé, Ahmed Ben Bella, plus populiste que populaire, sort brutalement des livres d'histoire. Il en sera ainsi de tous ses successeurs, dès lors qu'ils quittent le pouvoir, créant ainsi une sorte de jurisprudence typiquement algérienne.
Craint par la population, le taciturne Boumédiène entreprend une opération de séduction. Il lance des plans de développement régionaux, récupère les richesses du pays à travers la nationalisation des hydrocarbures, dote l'Algérie d'institutions « qui puissent survivre aux hommes » (selon sa formule), démocratise l'enseignement, généralise la médecine gratuite... Et l'État devient providence.
C'est au summum de sa popularité que Boumédiène est emporté, en décembre 1978, par un mal étrange. Plus de un Algérien sur vingt (la population est alors estimée à 20 millions de personnes) l'accompagne à sa dernière demeure. Son successeur naturel est alors un certain Abdelaziz Bouteflika, fidèle camarade du défunt président et chef de la diplomatie depuis toujours, ou presque. Mais l'armée ne fait pas confiance au personnage et l'écarte au profit de l'officier le plus ancien possédant le grade le plus élevé, Chadli Bendjedid.
La mort prématurée de Boumédiène, les scènes d'hystérie collective, les larmes et les cris de détresse au cours de ses funérailles constituent la première tragédie « institutionnelle » de l'Algérie indépendante. Quatorze ans plus tard, le 29 juin 1992, elle vit son premier régicide, avec l'assassinat, à Annaba, du président Mohamed Boudiaf par l'un de ses gardes. S'il n'était au pouvoir que depuis six mois, la douleur n'en est pas moins immense. Mêmes scènes d'hystérie collective, mêmes larmes et cris de détresse lors de ses obsèques.
Les années GIA
On a cru alors que l'Algérie avait atteint le fond. Le pire était à venir : les années GIA (groupes islamiques armés) et leur lot de massacres collectifs de villageois, d'assassinats d'intellectuels et d'artistes, de voitures piégées explosant sur les places publiques et dans les marchés. Au nom de la lutte contre le terrorisme, les libertés publiques sont malmenées : détentions administratives, juridictions d'exception et recours à la torture. C'est la décennie noire.
Les épreuves qu'a traversées l'Algérie ne sont pas toutes d'ordre politique ou militaire. Elle a eu droit, aussi, à ses catastrophes naturelles. Sévère sécheresse au milieu des années 1970, séismes destructeurs en 1980, 1989 et 2004, inondations meurtrières à Alger et ailleurs... Dans chacune de ces épreuves, les Algériens ont très vite transcendé leur douleur et fait preuve d'une grande solidarité.
C'est sans doute le secret du miracle algérien, la succession de malheurs a consolidé le sentiment d'appartenir à une nation, qui a résisté dans l'unité face aux tragédies dont le sort l'a accablée tout au long de son parcours. « Mazal waqfin » (« encore debout »). Tel fut le mot d'ordre de la campagne contre l'abstention pour le scrutin législatif du 10 mai 2012. Une élection au cours de laquelle l'Algérie s'est une nouvelle fois distinguée de ses voisins. Hier douloureusement mise à l'épreuve par l'islamisme armé, elle est le seul pays d'Afrique du Nord à résister à l'islamisme qui triomphe aujourd'hui en Égypte, en Libye, en Tunisie et au Maroc.

Chronologie
5 juillet 1962 Indépendance.
10 septembre 1963 Adoption de la Constitution, qui instaure un régime à parti unique, le Front de libération nationale (FLN). Le premier président de la République algérienne, Ahmed Ben Bella, est élu le 15 septembre.
19 juin 1965 Putsch de Houari Boumédiène, qui abroge la Constitution. Il prend les fonctions de chef de l'État, de Premier ministre et de ministre de la Défense.
1976 Une Charte nationale est adoptée en juin par référendum. Elle sert de base à la deuxième Constitution, votée le 22 novembre. Le 10 décembre, Boumédiène, candidat unique, est élu président. Il décède le 27 décembre 1978.
7 février 1979 Élection de Chadli Bendjedid, réélu en 1983 et en 1988.
Avril 1980 Émeutes en Kabylie pour la reconnaissance de la culture tamazight.
5-7 octobre 1988 Répression sanglante de manifestations de contestation politique et sociale dans plusieurs villes du pays. Le 6, l'état de siège est proclamé.
23 février 1989 Adoption par référendum de la troisième Constitution, qui autorise le multipartisme.
26 décembre 1991 Le Front islamique du salut (FIS) remporte le premier tour des législatives.
11-12 janvier 1992 Chadli démissionne, l'armée se déploie dans Alger, le processus électoral est suspendu et les « janviéristes » appellent à la présidence une figure du nationalisme, Mohamed Boudiaf, qui crée un Haut Comité d'État (HCE).
2 février 1992 Instauration de l'état d'urgence.
29 juin 1992 Le président Boudiaf est assassiné et remplacé en juillet par Ali Kafi.
30 janvier 1994 Le HCE nomme Liamine Zéroual chef de l'État. Élu président en novembre 1995, il finit par démissionner en septembre 1998;
28 novembre 1996 Référendum pour l'adoption de la quatrième Constitution, qui introduit le Sénat.
15 avril 1999 Élection d'Abdelaziz Bouteflika à la présidence. Il sera réélu en 2004 et en 2009.
16 septembre 1999 Adoption par référendum de la loi sur la Concorde civile.
Avril-mai 2001 Le 18 avril, un lycéen est tué dans les locaux de la brigade de gendarmerie de Beni Douala. Le 25, des manifestations se transforment en émeutes sanglantes à travers la Kabylie, jusqu'à la Marche noire de Tizi-Ouzou, le 21 mai.
10 avril 2002 Le Parlement adopte l'amendement à la Constitution consacrant le tamazight comme langue nationale.
29 septembre 2005 Adoption par référendum de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale.
11 décembre 2007 Double attentat-suicide d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) à Alger.
12 novembre 2008 Le Parlement adopte la révision constitutionnelle, supprimant l'interdiction de briguer un troisième mandat présidentiel.
24 février 2011 Levée de l'état d'urgence.
15 avril 2011 Discours du président Bouteflika pour l'engagement d'un processus de réformes.
10 mai 2012 Élections législatives. L'Assemblée populaire nationale doit examiner les projets de réformes issus des consultations de 2011 et, en particulier, celui de nouvelle Constitution.