mardi 16 octobre 2012

Bienvenue aux rencontres des mémoires partagées


Agenda INFOPLUS
Bonjour,
Bienvenue aux rencontres des mémoires partagées
Bien cordialement
Service COM’APCV
09 53 74 36 82


*************************************FRANCE-ALGERIE******************************
L’association APCV entend promouvoir les initiatives de rencontres durant les années 2012 et 2013 autour du cinquantenaire de la fin de la guerre d’Algérie le 19 mars et de l’indépendance de ce pays le 5 juillet 1962.
« Une histoire commune et conflictuelle à revisiter de part et d’autre part en faveur des esprits de réconciliation et d’amitié entre les générations des deux rives » pour mieux communiquer et améliorer le vivre ensembleentre les deux rives.

***********************COMMEMORATION**************************
                         
51ème anniversaire du 17 octobre 1961

Paris
MERCREDI 17 OCTOBRE à 11H
Commémoration par le maire Bertrand Delanöe
                                                   Sur le pont  Saint Michel à Paris
 
 ****************************************RASSEMBLEMENT*************************
LA RECONNAISSANCE C’EST MAINTENANT

17 octobre 1961 – 17 octobre 2012 – justice et vérité
Avec le 50eme Anniversaire de la fin de la guerre d’Algérie, nous attendons des plus hautes autorités de la république, qu’elles reconnaissent les responsabilités de la France dans la guerre d’Algérie et du crime d’Etat du 17 octobre 1961 à Paris afin qu’une page nouvelle s’ouvre sur l’amitié et la fraternité entre le peuple Algérien et Français.

MERCREDI 17 OCTOBRE à 18H
Sur le pont  Saint Michel à Paris

 Voir en PJ : l’appel du collectif du 17 octobre 1961
******************************************************************

Sur le département du 92 : 17 octobre 2012 :

Nanterre 17 H ou 19 H (horaire à communiquer)- Recueillement et dépôt de gerbes de fleurs devant la plaque commémorative;
Asnières à 12 H 00 – recueillement au Pont de Clichy devant la plaque commémorative.
Colombes · 14 H 30 ouverture de la caravane du film  MJC Théâtre de avec le film « l’opium et le bâton », suivi de « le vent des Aurès » et de « Chronique des années de braises ». 
Gennevilliers : 18 H recueillement à la place du 17 octobre 1961
Clichy : 18 H 30 recueillement au Pont de Clichy
 *******************************************************************
Sur le département du 93 : 17 octobre 2012
                              
 L’Ile-Saint-Denis : Mercredi à 17H
Dépôt de 51 fleurs en la mémoire du massacre des algériens du 17 octobre 1961 -
Devant le pont de la Seine-quai marine face à la mairie
Sur invitation du collectif du 17 octobre 1961
******************************************************************
Saint-Denis : Mercredi I 17 OCTOBRE à 18H
Cérémonie en hommage aux algériens victimes de la répression, devant la plaque commémorative, Place des victimes du 17 octobre 1961, gare centrale.
Sur invitation de la mairie
************************************************************************************************************************** 
Paris : Jeudi 18 octobre 18h30
Commémoration des massacres du 17 octobre 1961. Rencontre-débat avec les historiens Linda AMIRI, Emmanuel BLANCHARD, et l’ancien prisonnier politique FLN en France,M. Mohand ZEGGAGH, dit Rachid, auteur de «Prisonniers politiques FLN en France pendant la guerre d’Algérie 1954-1962» .
Centre culturel algérien, 171 rue de Croix Nivert 75015 Paris
************************************************ *****************           
Aubervilliers : Vendredi 19 octobre à 19h
Lycée le Corbusier, 44 rue Léopold Réchossière
Un hommage sera rendu à cette occasion à Mouloud Aounit, Militant des droits de l’homme, ancien président du MRAP.
Sur invitation de la mairie et de l’association le « 93 au cœur de la République »

******************************************************************
Bobigny : Dimanche 21 octobre à 14h
Conférence-débat par Gilles Manceron, historien etMohamed Ghafir, ancien militant de la Fédération de France et auteur du livre «  Droit d’évocation et de souvenir » précédée de la projection du nouveau film « 17 octobre 1961 » de Sébastien Pascot.
17 rue Hector Berlioz
Sur invitation du Consul d’Algérie
*************************************EXPOSITIONS**********************************

PARIS

* Vies d’exil – 1954-1962, pendant la guerre d’Algérie
conçue par Linda Amiri et Benjamin Stora

Cité nationale de l’histoire de l’immigration
Palais de la Porte Dorée
293 avenue Daumesnil 75012 – Paris
Jusqu’au 19 mai 2013 – www.histoire-immigration.fr 


* Portraits d’écrivains, par la mairie et en collaboration avec le peintre Djilali Kadid
Hommage personnel d’un artiste à des femmes et des hommes de lettres de son pays l’Algérie marquées par la colonisation et la conquête de l’indépendance.
Mairie 2è, 8 rue de la Banque
Infoline 01 53 29 75   -   www.mairie2paris.fr
Jusqu’au 26 octobre

************************************FILMS*************************************

PARIS

Dimanche : 21 octobre à 11h
Projection-débat « L’Algérie nouvelle, on y croyait » par Chloé Hunzinger
Cinéma 3 Luxembourg, 67 rue Monsieur le Prince 75006 Paris

*******************************************************
FESTIVAL DU FILM ARABE
L’Algérie à l’honneur

23ème édition du court-métrage, sur la quarantaine de films présentés dont 20 films environ avec carte blanche à Malek Bensmail, également deux films : Avoir 20 ans dans les Aurés de René Vautier et  El Gusto de Sofia Djama,…
Festival du cinéma arabe de Fameck/val de Fensch (Lorraine)
Jusqu’au  22 octobre www.cinemarabe.org

****************************CONCERT********************************

Pierrefitte-sur-Seine

BARBES CAFE de Larbi Dida

Maison du Peuple
12 boulevard Pasteur

Infoline : 01 49 40 07 20   -  www.mairie-pierrefitte93.fr

***************VOYAGE REVEILLON DE LA RECONCILATION************

Circuit Alger-Ghardaïa-Timimoun-Beni-Abbés-Taghit-Oran (en bus)
Du 22 décembre 2012 au 4 janvier 2013
Un voyage historique, unique et inoubliable pour les originaires et
ami-es de l’Algérie.

Tarif - circuit indicatif et inscription sur notre site : www.apcv.org
ou par mail : apcv.voyages@gmail.com Infoline : 09 53 74 36 82    
    

samedi 6 octobre 2012

La Lettre de la Cité


La Lettre de la Cité - septembre 2012

À la une : nouvelle exposition

visuel Vie d'exils

Cinquante ans après la fin de la guerre d’Algérie, la Cité nationale de l’histoire de l’immigration propose avec l’exposition Vies d’exils, des Algériens en France pendant la guerre d’Algérie une plongée inédite dans le quotidien des travailleurs algériens en France entre 1954 et 1962.
Cette exposition aborde les diverses réalités de la vie des migrants algériens à travers les questions de la vie sociale - travail, école, logement, loisirs… -, de l’accueil accordé à l’immigration algérienne, entre méfiance et rejet, et de la solidarité envers leur engagement politique et syndical. En effet, la France métropolitaine de l’époque vit successivement au rythme de la guerre d’Algérie, des événements d’octobre 1961 et enfin, de l’indépendance.
Une riche sélection d’objets, d’œuvres d’art, de documents et de photographies, issue de fonds d’archives et de collections tant institutionnelles que privées, illustre ces différentes thématiques. Un recueil de témoignages et une collecte auprès de la société civile ont permis par ailleurs aux commissaires de l’exposition d’éclairer l’histoire de l’éclat particulier de la mémoire. Grands témoins ou anonymes nous offrent ainsi une plongée inédite dans le quotidien des travailleurs algériens et de leurs familles durant cette période si particulière.
Informations pratiques
Du 9 octobre 2012 au 19 mai 2013
Du mardi au vendredi de 10h à 17h30. Samedi et dimanche de 10h à 19h
Tarifs 5 euros et 3,5 euros. Ces tarifs incluent le droit d’entrée à l’exposition permanente.
L'entrée est gratuite pour les moins de 26 ans et pour tous le premier dimanche du mois.
L’exposition est accompagnée d’une programmation culturelle avec des conférences, du cinéma, des rencontres, un vaste panorama de la production théâtrale contemporaine franco-algérienne ainsi que de nombreuses publications. Le site Internet sera par ailleurs enrichi de nombreux documents pédagogiques et de ressources en ligne autour de la thématique de l'exposition.

Visites guidées

Visites de l'exposition par Benjamin Stora et Linda Amiri
Samedi 20 octobre à 15h.Plein tarif : 10 euros ; tarif réduit : 7 euros ; famille : 16,80 euros. Réservations :reservation@histoire-immigration.fr - Tél. : 01 53 59 64 30.

Colloques, conférences

L'UniverCité

Mémoires algériennes avec Benjamin Stora

Jeudi 11 Octobre 2012, 18h30. Auditorium. Entrée libre dans la limite des places disponibles.
Pour la première conférence de sa nouvelle saison, L'UniverCité invite Benjamin Stora.
Cinquante ans après la fin de la guerre d’Algérie, la question n’est plus celle du noir de l’occultation, mais du retour en pleine lumière, de la mise en scène des formes d’écriture et de représentation de la guerre. La conférence dressera le bilan des productions littéraires et visuelles de toutes sortes pour s’interroger sur la persistance des mémoires blessées autour d’une guerre qui s'est achevée il y a cinquante ans.

En savoir plus
   


France - Algérie, le temps du renouveau

Samedi 27 Octobre 2012, 15h-19h. Auditorium. Entrée libre dans la limite des places disponibles.
Ce nouveau rendez-vous de la revue Hommes & Migrations poursuit la réflexion sur les étapes de l'immigration algérienne et ses motivations en adoptant cette fois-ci le point de vue de l'autre rive de la Méditerranée. Cette rencontre abordera la manière dont l’Algérie perçoit cette émigration depuis l’accès à l’indépendance.
Quelles sont les relations que les familles et les communautés villageoises entretiennent avec celles et ceux partis en France et les conséquences des flux migratoires sur la société d’origine ?

En savoir plus

Éditions

Algériens en France. 1954-1962 : la guerre, l’exil, la vie 

Algériens en France. 1954-1962 : la guerre, l’exil, la vie

Éditions Autrement/Cité nationale de l'histoire de l'immigration, octobre 2012, 224 p., 30 euros
Publié à l’occasion de l'exposition Vies d'exil, l’ambition de cet ouvrage dirigé par Benjamin Stora et Linda Amiri est de faire découvrir le regard que ces immigrés algériens portent sur la société française de l’époque, leurs expériences de l’exil et aussi de leur combat indépendantiste, comme leurs interprétations des événements qui secouent l’hexagone.
 
Hommes & Migrations 

France-Algérie. Le temps du renouveau.

Hommes & Migrations n°1298, juillet-août 2012, 12 euros 
En savoir plus
 Hommes & Migrations 

Algérie-France : une communauté de destin

Hommes & Migrations n°1295, janvier-février 2012, 12 euros

En savoir plus


Abonnez-vous à la revue Hommes & Migrations !

pour seulement 29 euros (50% de réduction). Offre réservée aux abonnés de la Lettre de la Citéjusqu'au 30 octobre 2012.
En savoir plus

Hors les murs

Visite guidée : Le Marais méconnu des Juifs d’Algérie

Mercredi 17 octobre à 15h et dimanche 2 décembre 2012 à 11h.Visite avec Jean Laloum, historien, chercheur au CNRS
Réservations : Musée d'art et d'histoire du Judaïsme. Tél. : 01 53 01 86 62 - Courriel :individuels@mahj.org
En savoir plus
 

Table-ronde : Des paysans immigrés en France : les Algériens pendant la guerre d’Algérie

Jeudi 18 octobre 2012 à 14h. Salle Lavoisier, Conseil général, BloisCarte blanche à la Cité nationale de l’histoire de l’immigration et aux Éditions Autrement dans le cadre des Rendez-vous de l'histoire de Blois 2012
En savoir plus
 





   
 




  
  

jeudi 4 octobre 2012

Algérie réalisations (1962-2012) : La bataille de l’eau, un défi relevé

Réalisations (1962-2012)

Gagner la bataille de l’eau et éloigner le spectre du stress hydrique dans un contexte géographique et climatique fort peu favorable, voire hostile, a toujours été un pari majeur que les dirigeants de l’Algérie moderne ont tenté de relever durant un demi siècle d’indépendance.
D’une superficie avoisinant les 2,4 millions de km², l’Algérie se compose, en effet, d’une immense diversité géographique et climatique du nord au sud, avec des régions côtières et sub-littorales, une vaste étendue de hautes plaines, des "hauts plateaux" semi-arides et enfin un immense ensemble saharien au climat aride et hyperaride.
A l’instar des 17 pays africains touchés par le déficit hydrique, l’Algérie se situe dans la catégorie des pays pauvres en ressources en eau selon le seuil de rareté fixé par le Programme des Nations-Unies pour le développement (PNUD) ou celui de la Banque mondiale à 1.000 mètres cubes par habitant et par an.
Côté disponibilité des ressources superficielles, l’Algérie disposait à l’aube de son indépendance de 1.500 m3 d’eau par habitant et par an, avant de tomber à 720 m3 en 1990, 680 m3 en 1995 et 630 m3 en 1998. Elle est estimée actuellement à 500 m3 et ne sera que de 430 m3 en 2020, d’après des projections faites par l’ONU.
Conscientes de l’importance cruciale de l’eau comme facteur déterminant dans le développement durable, les autorités algériennes se sont ainsi fixé comme objectif primordial d’améliorer le niveau de dotation en eau à travers les différents programmes publics destinés à mobiliser des ressources conventionnelles et non conventionnelles en fonction de la spécificité de chaque région de ce ’’pays continent’’. Face au défi d’assurer une couverture adéquate des besoins sans cesse croissants tant sur le plan domestique, agricole qu’industriel doublés d’une raréfaction alarmante de la disponibilité, plusieurs politiques de mobilisation et de gestion des ressources hydriques étaient mises en œuvres depuis l’indépendance avec un rythme plus ou moins soutenu en fonction essentiellement de la disponibilité des financements, tributaires des cours du baril.
En effet, les missions du secteur de l’hydraulique étaient réparties, au lendemain de l’indépendance, entre les secteurs des travaux publics et l’agriculture.
Ainsi, les travaux publics et la construction, qui formaient le département de l’Equipement assuraient l’essentiel des missions à travers une direction centrale au ministère et deux services extérieurs : le Service des études scientifiques (SES), ancêtre de l’actuelle ANRH (Agence nationale des ressources hydrauliques) et le Service des études générales et des grands travaux hydrauliques (SEGGTH), ancêtre de l’actuelle ANBT (Agence nationale des barrages et transferts).
Le ministère de l’Agriculture et du Développement rural assurait, quant à lui, toutes les prérogatives relatives à l’irrigation et à l’hydraulique rurale.
Deux décennies après l’indépendance, une vingtaine d’entreprises nationales ont été créées pour assurer la prise en charge de la gestion et l’exploitation des installations d’alimentation en eau potable et d’assainissement sur l’ensemble du territoire national. Quelques années plus tard, soit en 1987, cet organigramme a été encore révisé avec la création par décret d’une dizaine d’établissements publics régionaux couvrant 22 wilayas ainsi que 26 entreprises de wilaya, par délibération des assemblées populaires de wilaya.
A partir d’avril 2001, la gestion de l’eau était confiée à un nouvel établissement public à caractère industriel et commercial, la toute nouvelle Algérienne des eaux (ADE), créé par décret exécutif. La nouvelle structure intègre ainsi tous les établissements nationaux et régionaux chargés de la gestion des services de l’eau à savoir l’Agence nationale de l’eau potable et industrielle et de l’assainissement (AGEP), les établissements de production et de distribution de l’eau au nombre de 9, les 26 établissements de wilaya gérant 258 communes (EPDEMIA) ainsi que les 932 régies communales.
L’ADE est désormais chargée, entre autres, de la mise en œuvre de la politique nationale de l’eau potable dans tous ses volets de gestion de la production, transfert, traitement, stockage, adduction, distribution et approvisionnement en eau potable et industrielle. Elle a aussi pour mission d’assurer la maîtrise d’ouvrage et de la maîtrise d’œuvre pour son propre compte ou par délégation pour le compte de l’Etat ou des collectivités locales.
Prise de conscience des enjeux d’une gestion durable de l’eau
En dépit des importants efforts fournis par l’Etat pour assurer un approvisionnement sécurisé en eau potable, notamment dans les milieux ruraux, ce n’est que depuis une quinzaine d’années qu’est apparue une prise de conscience des enjeux réels de la gestion durable des ressources en eau.
Cette prise de conscience s’est particulièrement manifestée en 1999 par la création d’un ministère exclusivement dédié au secteur. Dans le cadre de cette nouvelle stratégie, la politique nationale de l’eau s’articule autour de trois axes élémentaires à savoir l’amélioration de la mobilisation des ressources, assurer l’économie et la protection de l’eau et réformer le cadre de gouvernance de l’eau. Côté réalisations, c’était grâce au programme de soutien à la croissance pour la période 2005-2009 qu’une percée considérable a été obtenue en matière de projets et de financements.
Ce programme avait consacré une enveloppe de plus de 200 millions de dollars destinée, entre autres, à la mobilisation d’un volume supplémentaire de 2,9 millions m3 par jour, la réalisation de 69 barrages et de tripler les réserves en eau en les portant à 7,4 milliards de m3 en 2009 contre 2,5 milliards m3 en 2004, le traitement et la récupération de quelque 600 millions m3 d’eaux usées en plus de la réalisation de 14 stations de dessalement.
Un quinquennat plus tard, le nouveau programme de grands investissements publics pour la période 2010-2014, actuellement en cours d’exécution, a, cette fois ci, consacré une somme beaucoup plus importante qui frôle les 20 milliards de dollars.
Ce nouveau programme, qui comprend la réalisation de plusieurs ouvrages de mobilisation, d’approvisionnement en eau et d’assainissement ainsi que d’irrigation, devra assurer un rééquilibre entre les régions du pays et les usages et une équité dans la dotation en eau et les services, ce qui devra permettre à l’Algérie de se rapprocher davantage des objectifs du millénaire pour le développement (OMD) en matière d’accès à l’eau potable et à l’assainissement.
La mise en œuvre de ce dispositif permettra, en outre, de consolider les acquis réalisés à la faveur d’une stratégie nationale de l’eau mise en place par l’Algérie durant la période 2000-2008 et qui portait sur la couverture des besoins en eau domestique, industrielle et agricole au regard des déficits actuels et de la demande future.
Côté gestion de la distribution de l’eau, la balance a penché pour le concept de la gestion déléguée, qui a fait ses preuves dans plusieurs pays développés.
Le premier contrat de gestion déléguée a été signé en 2005, ouvrant la voie à d’autres partenariats dans la gestion déléguée de l’eau pour les grandes villes du pays.
Enfin, si le chalenge de la mobilisation des ressources en eau a été relevé grâce aux différentes actions publiques, c’est désormais la bataille de l’économie de l’eau et de l’efficacité hydraulique que l’Algérie est appelée à livrer dans les prochaines années.
APS

Festival culturel algérien à Londres le 20 octobre à l’occasion du cinquantenaire de l’indépendance


La capitale britannique Londres abritera le 20 octobre prochain un festival culturel algérien à l’occasion du cinquantenaire de l’indépendance de l’Algérie, indique la page facebook de l’événement.
Le festival qui vise à faire découvrir au public britannique la diversité et la richesse de la culture algérienne sera marqué par des débats autour de la guerre de libération nationale et de l’Algérie d’aujourd’hui animés par des chercheurs et des cinéastes, selon l’Association culturelle algérienne, organisatrice de l’événement.
Un débat sur le thème "Révolution algérienne : perspective panafricaine" sera animé par Mireille Mendes-France Fanon, fille de Frantz Fanon et présidente de la Fondation Frantz-Fanon, et le journaliste sud-africain spécialiste des révolutions africaines contre le colonialisme Leo Zeilig qui aborderont les idées de Fanon et le rôle de l’Algérie dans l’unité panafricaine et les luttes du tiers-monde.
Un autre débat sur le thème "L’Algérie : entre passé colonial et héritage de l’indépendance, une nation qui regarde vers l’avenir" est prévu avec la participation de James McDougall de l’Université d’Oxford.
Des projections de films et de courts métrages sont également prévues. Il s’agit de "Prends ta place" de Amina Zoubir, "Harraga" de Slimane Oueguenoun et "Mollement, un samedi matin" de Sofia Djama. En marge du festival, le public pourra apprécier la richesse et la diversité de la musique algérienne à travers les soirées artistiques prévues à cette occasion.
L’Association culturelle algérienne est composée d’étudiants, d’artistes et de professionnels algériens établis en Grande-Bretagne.
aps

samedi 29 septembre 2012

Regain d’intérêt aux Etats Unis pour l’étude de la guerre d’indépendance algérienne


L’historien américain Todd Shepard a affirmé mercredi à Alger que la guerre d’indépendance algérienne connaissait, depuis la guerre d’Irak en 2003 un "regain d’intérêt" dans les travaux de recherche historiques menés dans les universités américaines.
"Depuis la (deuxième) guerre en Irak en 2003, de plus en plus d’historiens et d’étudiants s’intéressent à la guerre d’indépendance algérienne et au colonialisme français ", a dit l’historien américain lors d’une rencontre animée aux côtés d’historiens algériens dans le cadre du 17e Salon international du livre d’Alger (SILA).
Selon l’historien, également professeur à l’université de Baltimore, cet intérêt renvoie au "moment impérialiste que l’Amérique connaît depuis quelques années" et qui permet à des historiens d’ "établir un parallèle avec l’impérialisme français à l’époque coloniale", explique-t-il.
Ces études historiques "participent à une certaine prise de conscience" poursuit l’historien, notamment sur la question de la torture et, plus généralement, de celle de la violence coloniale.
L’universitaire américain a pris exemple sur l’intérêt "grandissant" pour l’étude de "La question", un livre-témoignage sur la torture, écrit par l’ancien directeur du journal Alger Républicain, Henri Alleg, ainsi que sur le film "La bataille d’Alger" de l’Italien Gillo Pontecorvo.
Selon l’historien, ces études qui participent au "débat sur la torture" aux Etats Unis, suscitent l’intérêt des milieux universitaires, depuis les attentats du 11 septembre et les cas révélés de la pratique de la torture dans la prison américaine de Guantanamo ou encore d’Abou Ghrib en Irak.
Il explique, par ailleurs, cette attention pour l’histoire de la guerre d’indépendance algérienne par la nécessité de créer de nouvelles chaires d’études dans les universités américaines du fait que l’histoire de l’Algérie a été pendant des années "confondue avec l’étude de l’histoire de la France".
APS

dimanche 23 septembre 2012

Le GPRA a joué un rôle diplomatique "efficace" pour faire écho à la révolution à l’étranger (conférence)


 
Les participants à une rencontre organisée par l’Association Mechaal Echahid ont affirmé, samedi à Alger, que le Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) avait joué un rôle diplomatique "efficace" pour faire écho à la révolution nationale à l’étranger et bénéficier de la solidarité et du soutien de l’opinion publique internationale.
Lors de la rencontre organisée au forum du quotidien "El Moudjahid", à l’occasion du 50e anniversaire du recouvrement de la souveraineté nationale, les participants ont rappelé le rôle pionnier joué par le GPRA pour la formation de diplomates chevronnés, en dépit de l’absence d’écoles de formation spécialisées dans ce domaine à l’époque.
Depuis sa création le 19 septembre 1958, le GPRA a oeuvré à faire écho à la révolution nationale, à travers la participation de plusieurs de ses membres à des conférences internationales, notamment sur le double plan africain et arabe et des visites effectuées à des pays frères et sympathisants de la révolution algérienne, ont-ils indiqué.
Lors de cette rencontre organisée également en hommage au défunt Abdelhamid Mehri, le moudjahid Ben Kobi Salah a affirmé que la création du GPRA était un impératif "pour le renforcement du rôle diplomatique, en vue de faire connaitre la cause algérienne notamment dans les fora internationaux".
Par ailleurs, M. Ben Kobbi a rappelé les principaux motifs de création du GPRA, dont "l’obligation pour la France de reconnaître la souveraineté de l’Algérie indépendante" et "la sensibilisation de l’opinion publique internationale quant à la nécessité de reconnaître la cause algérienne".
Le GPRA avait participé aux conférences d’Accra (Ghana) en décembre 1958, de Monroville (Libéria) en août 1959, de Tunis en janvier 1960 et de Casablanca (Maroc) en 1961.
Grâce au rôle joué par ce gouvernement provisoire connu pour sa "complémentarité" en termes de portefeuilles ministériels, "la cause algérienne a arraché plusieurs victoires notamment concernant l’élargissement du champ des pays soutenant la Révolution algérienne et le droit des Algériens à la liberté et à l’indépendance", a indiqué M. Ben Kobbi.
De son coté, M. Lamine Khan, ancien membre du GPRA, a passé en revue le parcours de ce gouvernement dont la nécessité de sa création avait fait, a-t-il souligné, l’objet d’un accord au sein du Parti du peuple (PP) avant le déclenchement de la glorieuse révolution.
Ce gouvernement "est placé en cinquième position parmi les 10 principales étapes qu’a connues la Guerre de libération dont la Déclaration du 1er novembre 1954, l’offensive du nord-Constantinois (20 août 1955), la grève des étudiants (19 mai 1956) et le congrès de la Soummam (20 août 1956)", a-t-il ajouté. Il a également rappelé le rôle important du défunt Abdelhamid Mehri dans la création du GPRA en gagnant le soutien des pays arabes dont l’Egypte, la Tunisie et le Maroc.
M. Khan n’a pas manqué de rappeler le "lourd" tribut payé par le peuple algérien pour le recouvrement de sa liberté et de son indépendance soulignant l’impérative écriture de l’histoire de la Glorieuse guerre de libération.
La famille de feu Abdelhamid Mehri a été honorée à cette occasion par le quotidien El Moudjahid.
APS

Regard. 50ans de cinéma en Algérie : travelling 62-12


Rares sont les cinématographies à n’avoir quasiment exploré qu’un genre, en l’occurrence celui de la chronique sociale, quand, sous d’autres latitudes, le 7e Art a élargi sa palette du réalisme documentaire au film d’aventures, en passant par le mélodrame, la comédie, la fresque historique, le western, le péplum, le thriller et autres…

De fait, sur quelque 220 longs-métrages de fiction qui ont vu le jour depuis 1964, hormis quelques rares incursions dans l’humour (Hassan Terro, Les vacances de l’inspecteur Tahar, Les folles années du twist…) ou une fresque récompensée par la Palme d’or de Cannes en 1975 (Chronique des années de braise de Mohamed Lakhdar-Hamina), c’est plutôt la vision sociétale qui a caractérisé la production. La raison principale est à rechercher du côté de l’Histoire où le colonialisme a débouché sur une guerre de libération et, l’indépendance, sur un parti unique aux accents socialisants. S’y ajoute le fait que l’Algérie des images est née dans les maquis, faisant du cinéma algérien un cinéma de combat où l’objectif de la caméra épouse la forme du fusil (affiche emblématique de la Cinémathèque Algérienne des années ‘70).
C’est en 1957 qu’un certain René Vautier, farouche anticolonialiste, propose aux dirigeants de la révolution algérienne de se doter d’un instrument audiovisuel pour appuyer auprès des instances internationales la revendication d’indépendance. L’image se fait propagande pour populariser et internationaliser la cause. Cinq années durant, des images seront gravées au gré des incursions dans les maquis et parmi les populations algériennes réfugiées en Tunisie. Djamel Chanderli, Pierre Clément, Mohamed Lakhdar-Hamina et Ahmed Rachedi sont les pionniers d’un cinéma national purement documentaire. Algérie en flammes, Les fusils de la liberté, Djazaïrouna, Yasmina, La voix du peuple en sont les réalisations les plus marquantes. Et c’est un français «frère d’armes», Jacques Charby, qui signera le premier long-métrage algérien de fiction, Une si jeune paix (1964), sous les auspices du Centre National du Cinéma dont l’Algérie vient de se doter.
Mais, contrairement à une idée reçue, le cinéma algérien n’a guère produit un nombre considérable d’œuvres sur la lutte de libération.
Si La Bataille d’Alger, coproduction algéro-italienne de Gillo Pontecorvo, modèle de fiction documentée, se voit décerner le Lion d’Or de Venise en 1966, les années ‘60 marquent l’émergence d’un cinéaste doué pour l’image, Mohamed Lakhdar-Hamina. Le vent des Aurès, son premier long-métrage en noir et blanc rappelant les maîtres soviétiques des années ‘30, obtient le prix de la première œuvre à Cannes en 1967 et le grand prix de l’Union des écrivains de l’URSS au festival de Moscou. Son approche de la guerre d’Algérie est plus humaniste que politique, comme le prouveront ses films suivants : Hassan Terro  (1968), Décembre (1971), Chronique des années de braise (1975) ou La dernière image  (1986). «Je suis contre le cinéma à message, confirmera-t-il, je ne crois pas à cette forme de prophétie…»
Ce que confirmera la Palme d’or décernée à Chronique des années de braise. Parmi les films sur la guerre, on peut mentionner l’adaptation du roman de Mouloud Mammeri, L’opium et le bâton (1969), par Ahmed Rachedi et La nuit a peur du soleil (1965) où Mustapha Badie dénonce les prémices du détournement de la révolution.
Avec les années ’70 naissent «les tâches d’édification nationale», dont la révolution agraire, particulièrement soutenue par une nouvelle génération de cinéastes. La lutte de libération nationale a vu la participation massive des populations paysannes, dépossédées de leurs terres (Les spoliateurs et Les déracinés de Lamine Merbah). Deux films ressortent de la vague sur le monde paysan, Noua d’Abdelaziz Tolbi et Le charbonnier  de Mohamed Bouamari, qui tranchent par ce qu’on pourrait qualifier d’«esthétique de la faim», proche du «novo cinema» brésilien. Dans leur sillage, sortent La corde d’El Hachemi Cherif et Près du Saf-Saf de Moussa Haddad.
Mais le film événement de ce début 70 est incontestablement Tahia Ya Didou ! (Alger insolite !) film-testament de son auteur trop tôt disparu, le comédien Mohamed Zinet. A la fois documentaire et fiction, récit et poème, drame et comédie burlesque, cette œuvre inclassable constitue une leçon sur l’art et la manière de détourner un film de commande (la mairie d’Alger souhaitait un documentaire touristique). Zinet a su en faire une œuvre qui convoque le présent d’une Algérie indépendante et le passé de la guerre. L’émotion culmine dans une scène passée à la postérité : le personnage, ancien nationaliste torturé, fixe avec intensité un touriste français qui s’avère être son ancien tortionnaire.
Troublé, ce dernier fait un malaise tandis que Zinet se dresse et déploie sa canne d’aveugle…
Fils spirituel de Zinet, Merzak Allouache s’affirme, en 1976, avec son premier long-métrage, Omar Gatlato, qui rompt avec un cinéma plutôt laudateur d’un héroïsme guerrier. En mettant en scène un jeune citadin lambda, employé au service des fraudes, ce film fait brutalement surgir un quotidien sur lequel ont poussé la difficulté de vivre et la frustration. Succession de saynètes où la vacuité d’une vie s’exprime d’autant mieux que l’humour est présent, Omar Gatlato rappelle par endroits les comédies italiennes. Avec Le Repenti, sélectionné à la dernière Quinzaine des Réalisateurs de Cannes, Allouache a signé aussi Normal (2011) sur les affres de la création en Algérie, Bab El Oued City (1993), regard pertinent sur l’islamisme, L’autre monde (2004) ou Salut Cousin (1997) se déroulant dans l’émigration.
Mentionnons le succès public, sans précédent pour un cinéaste algérien, de Chouchou (2003), drainant 4 millions de spectateurs en France.  Autre cinéaste marquant de la période, Farouk Beloufa n’a réalisé qu’une œuvre de fiction, Nahla (1978). Mais quelle œuvre ! Il est entré dans l’histoire du cinéma algérien pour avoir été le seul à connaître la censure directe avec un film d’archives (Libération, 1973) entièrement remonté par le service audiovisuel du ministère de l’Information pour non-conformité avec l’histoire officielle. Produit par la télévision algérienne, Nahla  se distingue nettement par sa longueur (3 h), sa densité et sa dramaturgie, par son arrière-plan, la guerre civile au Liban, par son thème central qui met en scène trois femmes arabes. Il demeure à ce jour l’un des plus beaux films arabes consacrés à la femme, et Beloufa y témoigne d’un talent proche de son modèle, Youssef Chahine.
Au début des années ’80, émergent deux cinéastes :
Brahim Tsaki, poète de l’image, manifeste une rare sensibilité avec Les enfants du vent (1981) et Histoire d’une rencontre, Grand Prix au festival de Ouagadougou en 1983. Dans ses films, l’économie des dialogues, la fluidité de la mise en scène et la dramaturgie sont les marques d’un authentique auteur. Plus tard, avec Les enfants du néon, il aborde le thème de l’émigration. Malheureusement voué au silence lui aussi, un seul de ses nombreux scénarii verra le jour, Ayrouwen (2007), tourné en targui. L’autre cinéaste est l’ancien comédien Mohamed Chouikh qui passe à la mise en scène avec succès. Sans concession sur les dérives mafieuses (Youssef ou la légende des sept dormants), il marque son ferme engagement pour l’émancipation féminine avec La Citadelle, l’une de ses brillantes réussites.
Dans L’arche du désert, il explore des chemins peu empruntés par la cinématographie algérienne, ceux du langage et de l’esthétique, évoquant la tragédie intégriste à travers l’allégorie. Le début des années 90 constitue une période charnière et terrible pour l’Algérie sous les coups d’un islamisme politique vindicatif et sanguinaire qui n’a pas épargné le monde de la culture dont de nombreux représentants ont payé le prix de leur vie. Le cinéma algérien va connaître une période de recul, puisque la fraîche conversion à l’économie de marché (1989) va dissoudre les organismes publics de cinéma qui permettaient jusque-là une certaine production. Dès lors, chaque film réalisé devient un miracle individuel dépendant de la ténacité du cinéaste.  
Ces années sont marquées par la naissance du cinéma amazigh, l’Algérie ayant attendu plus de trois décennies pour cela. Cette vieille revendication identitaire prend forme avec trois films : La colline oubliée d’Abderrahmane Bouguermouh, d’après le roman éponyme de Mouloud Mammeri ; Machaho  de Brahim Hadjadj et La montagne de Baya  du regretté Azzedine Meddour. Situé dans le dernier quart du XIXe siècle, ce film est un lumineux hommage à la femme résistante et une page glorieuse de la lutte contre la colonisation. Autre élément novateur, l’émergence d’une génération de cinéastes femmes (seule la romancière Assia Djebar avait donné à la fin des années 70 Nouba des femmes du Mont Chenoua  et Les chants de la Zerda). Zaïna-Koudil (Les démons au féminin),
Yamina Bachir-Chouikh (Rachida) ou Djamila Sahroui (Barakat) choisissent de traiter par l’image la décennie noire.
De l’autre côté de la Méditerranée, Yamina Benguigui, fille d’émigrés algériens, se révèle avec la réussite documentaire de sa trilogie, Mémoires d’Immigrés. Tandis que la production en Algérie diminuait au plan quantitatif, les quinze dernières années ont vu l’essor d’un cinéma de la diaspora au sein de la seconde ou de la troisième génération. Citons Mehdi Charef, fondateur du cinéma des banlieues, avec Le thé au harem d’Archi Ahmed ; Boualem Guerdjou avec Vivre au paradis, évocation du 17 octobre 1961 à Paris ; Rachid Bouchareb, auteur de plusieurs longs-métrages dont Little Sénégal, London River, Indigènes et Hors la loi (ces deux derniers sélectionnés à Cannes) ou encore Djamel Bensalah avec Le ciel, les oiseaux et ta mère.
On peut y ajouter des producteurs comme Aïssa Djabri et Farid Lahouassa avec le succès colossal des trois épisodes de La vérité si je mens, qui ont eu aussi le mérite de permettre à Mustapha Djadjam de mettre en scène Frontières, l’un des rares films français sur l’immigration clandestine. Dans la décennie 2000, d’autres cinéastes algériens, installés en France, révèlent un talent remarqué : Nadir Moknèche avec Le Harem de Madame Osmane, Viva l’Aldjérie  et Délice Paloma qui a offert à Biyouna l’un de ses meilleurs rôles au cinéma. Lyès Salem avec Mascarades, primé un peu partout dans le monde, confirme son potentiel à embrasser le registre de l’humour. Auteur d’un long métrage, Adieu Gary, Nassim Amaouche a manifesté une réelle originalité dans la mise en scène. Tariq Taguia signe deux films d’une grande recherche esthétique, Rome mieux que vous et Inland. Quant à Amor Hakkar, il tourne son film, La maison jaune, en langue chaouia.
N’oublions pas Abdelkrim Bahloul avec Le thé à la menthe (1984). Il obtint le Tanit d’argent à Tunis en 2010 et le Prix du Public pour Un voyage à Alger, produit par Bachir Derrais, également réalisateur avec Dix millions de centimes et l’inédit Le commissaire Llob d’après des œuvres de Yasmina Khadra. Enfin, ce panorama serait incomplet sans signaler un documentariste au talent désormais confirmé, Malek Bensmail, dont chaque opus constitue une véritable leçon d’écriture et d’engagement visant à mettre en lumière et en discussion les grands enjeux de la société algérienne.
Ce bref regard sur cinquante ans de cinéma algérien ne prétend pas à l’exhaustivité. Il rend compte d’une cinématographie qui a eu ses heures de gloire et de reconnaissance. Mais, faute d’une politique volontariste depuis la dissolution des organismes d’état, elle connaît un certain recul sur la scène internationale, comparée aux vingt longs métrages par an produits au Maroc (plus que la Belgique ou la Russie !), grâce à un système d’aide étatique efficace. La Tunisie aussi se dote d’un Centre national qui aura pour tâche de doper la production (8 longs métrages prêts pour 2012), quand l’Algérie n’a produit pour le moment qu’une douzaine de films, célébration du cinquantième anniversaire oblige. Pour relancer le 7e Art en Algérie, il faudrait une sorte de Plan Marshall et doter le pays et ses 48 wilayas d’un parc de salles conséquent (un millier quand la France en compte cinq mille) et d’une législation à même de favoriser l’expression cinématographique.
Enfin, il faut rendre ici un vibrant hommage à la Cinémathèque algérienne qui a porté haut le flambeau de la création, se muant en creuset du dialogue socioculturel et nourrissant toute une génération de cinéastes peu renouvelée en l’absence d’institut de formation, même si des Yannis Koussim, Khaled Benaïssa, Sidi Boumediene ou Abdenour Zazah recèlent de fortes potentialités. Grâce soit rendue à tous les cinéastes algériens qui maintiennent contre vents et marées, malgré les vicissitudes de l’histoire et les disparitions (Zinet, Bouamari, Ahmed Lallem, Larbi Zekal, Azzedine Meddour et tant d’autres)… le désir de cinéma.
Mouloud Mimoun
EL WATAN