mercredi 16 octobre 2013

MASSACRES DU 17 OCTOBRE 1961 : PLUS DE 12 MORTS ET DES QUESTIONS !? : 52 ans de silence officiel

Cinquante-deux ans après, l’Algérie se souvient encore du tragique évènement qui témoigne encore de la sauvagerie et de la haine de la France qui a transformé les corps de milliers d’hommes et de femmes en corps sans vie et en cadavres flottants sur le fleuve (La Seine). Il est tant pour la France de reconnaître sa responsabilité envers les victimes des crimes commis au nom de l’Algérie Française, le 17 octobre 1961.

En cette journée mémorable du 17 octobre 1961, 52 ans après la répression contre des Algériens qui firent plusieurs centaines de morts,  déterminés à lutter pour recouvrer la souveraineté de l’Algérie. Les commémorations tentent de faire sortir de l'oubli cette page sombre de l’histoire, mais la reconnaissance de la France de ses crimes de guerre envers l’Algérie restera  la seule requête avant de plier cette page de l’histoire .

Plus de 30.000 Algériens réprimés par des milliers de policiers à Paris
Le 17 octobre 1961, à l'initiative du Front de libération nationale (FLN), 30 000 Algériens descendent manifester dans les rues de Paris pour protester pacifiquement contre le couvre-feu décrété à leur intention par le préfet de police, Maurice Papon. La police, chauffée à blanc par les nombreuses pertes que lui font subir les attentats du FLN sur le territoire français, et couverte par ses autorités de tutelle, se livre à une répression sanglante, dont le nombre de victimes est estimé entre 80 et 200 morts. Les cadavres seront, pour certains, retrouvés flottant dans la Seine. Des manifestants algériens appréhendés à Puteaux, à l'ouest de Paris, pendant la guerre d'Algérie, lors de la manifestation pacifique, le 17 octobre 1961, attendent mains au-dessus de la tête sous la surveillance de la police d'être interrogés. Sur le même sujet. Sept ans après le début de la guerre d'Algérie, le conflit s'est transporté en métropole. Si le principe de l'indépendance était acquis, que les négociations à Evian étaient ouvertes depuis mai 1961, la cohabitation entre les deux communautés est extrêmement tendue. Attentats, assassinats à la fois d'indépendantistes algériens et de policiers se multiplient. La pression est si forte que le préfet de police, Maurice Papon, finit par instaurer le 5 octobre un couvre-feu de 20h30 à 5h30 pour tous les "Français musulmans d'Algérie". Le 17 octobre 1961, la Fédération de France du FLN appelle les Algériens de Paris et de sa région à manifester pacifiquement contre ce couvre-feu jugé discriminatoire. Pour rappel, Michel Debré est Premier ministre, Roger Frey, ministre de l'Intérieur et le général de Gaulle, le chef de l'Etat. Celui-ci donne carte blanche à Maurice Papon pour interdire la manifestation. Bravant la menace, les Algériens, majoritairement des ouvriers, vont se rendre dans la capitale en costume du dimanche, comme s'ils allaient à "un mariage, à une fête". Pour certains, c'était la première fois qu'ils quittaient leurs bidonvilles. Plus de 30.000 Algériens seront accueillis par des milliers de policiers à Paris.

Arrestation de plus de 12 000, tortures, expulsions, disparus, rafles, morts et manifestants jetés dans la Seine
La répression policière a été sans limite. Arrestation  plus de 12 000, tortures, expulsions, disparus, rafles, morts et manifestants jetés dans la Seine… Personne à ce jour ne peut faire le bilan macabre de cette nuit. Le chiffre officiel est à l'époque : 3 morts. Mais celui-ci est de l'ordre de plusieurs centaines. La journée du 17 octobre a été un tournant dans la guerre d'Algérie, qui continuera jusqu'au cessez-le-feu du 19 mars 1962 et à l'indépendance de l'Algérie le 5 juillet. Les journaux relatent les faits, des demandes d'enquêtes sur la répression et le rôle de la police sont réclamées mais Maurice Papon comme ses supérieurs les ont toujours refusées. La censure s'abat sur les journaux, les livres, documentaires, qui tenteront de faire la lumière sur cette nuit-là. Les historiens et la Fédération de France du FLN évoquent plusieurs centaines de morts et de disparus. Plus de onze mille Algériens sont arrêtés, détenus, dans des conditions atroces durant plusieurs jours. Des autobus de la RATP ont même été réquisitionnés pour les déporter dans des stades, ou les enfermer dans des commissariats pour être sauvagement torturés, souvent à mort. Les survivants au massacre ont été expulsés massivement vers l’Algérie. Pour de nombreux historiens, les massacres du 17 octobre 1961 marquent l’apogée d’une répression meurtrière déjà renforcée depuis le mois de septembre de la même année. En effet, dès ce mois-ci déjà, les harkis, ces supplétifs de l’armée française s’installaient au bidonville "La Folie" de Nanterre pour pratiquer des méthodes éprouvées de quadrillages, de terreur et de torture. Les contrôles policiers, que les Algériens subissaient déjà, les insultes, les brimades, les rétentions de plusieurs jours se multipliaient. On constatait alors que les décès d’Algériens, dont on retrouvait les cadavres sur la voie publique, augmentaient chaque jour.

   Une plaque commémorative au pont Saint-Michel n'est pas suffisante !
Le 17 octobre 2001, Bertrand Delanoë, maire de Paris, a fait un geste fort en inaugurant une plaque commémorative au pont Saint-Michel, où furent jetés les corps de centaines d’Algériens et où est écrit "à la mémoire de nombreux Algériens tués lors de la sanglante répression de la manifestation pacifique du 17 octobre 1961". Le 17 octobre 2011, le candidat socialiste à la présidentielle, François Hollande déposait une gerbe de fleurs au pont de Clichy, d’où des Algériens furent également jetés à la Seine, affirmant que "trop longtemps cet événement a été occulté des récits historiques" et ajoutant qu’ "il est important de rappeler ces faits". Un an plus tard, le 17 octobre 2012, c’est un communiqué de l’Elysée tant attendu depuis des décennies des deux côtés de la Méditerranée qui exprime la reconnaissance officielle de ces faits tragiques. Dans ce communiqué, brisant le silence de l’Etat français, le président François Hollande déclarait alors que ½ le 17 octobre 1961, des Algériens qui manifestaient pour le droit à l’indépendance ont été tués lors d’une sanglante répression". "La République reconnaît avec lucidité ces faits. Cinquante et deux ans après cette tragédie, aujourd'hui, les associations se mobilisent pour le souvenir et la commémoration de cette nuit tragique. Mais Aucune reconnaissance ni réparation officielles depuis lors.

Reflexion

mardi 24 septembre 2013

PROJETS DE FILM SUR LES PERSONNAGES HISTORIQUES (1RE PARTIE)

De Boumediene à Bouteflika, en passant par Chadli, tous les présidents algériens ont souhaité lancer une superproduction sur la plus célèbre figure de la résistance algérienne avant la guerre de Libération en 1954: l'Emir Abdelkader.

Une conférence de presse sera organisée aujourd'hui sur le projet de réalisation d'un film sur l'Emir Abdelkader. Un projet qui a été porté et soutenu par plusieurs hauts responsables algériens depuis l'indépendance. De Boumediene à Bouteflika, en passant par Chadli, tous les présidents algériens ont souhaité lancer une superproduction sur la plus célèbre figure de la résistance algérienne avant la guerre de Libération en 1954.
Le premier à lancer l'idée de produire un film sur l'Emir Abdelkader a été le président Houari Boumediene et cela à l'occasion de la projection à la salle Harcha du film Chronique des années de braise de Mohamed Lakhdar Hamina, qui avait fait la fierté de l'Algérie en décrochant la Palme d'or à Cannes. La première et la seule récompense du cinéma arabe et africain. Très enchanté et séduit par le succès du film de Lakhdar Hamina, Boumediene qui était un grand cinéphile avait demandé à ce dernier de se lancer dans la préparation du film épique sur la figure de l'Emir Abdelkader. Le réalisateur algérien aurait contacté à l'époque Jean-Claude Carrière, un scénariste français de renom qu'il avait rencontré à Cannes et qui signa le scénario du film le Tambour de Volker Schlöndorff, adapté du roman éponyme de Günter Grass paru en 1959.
Lakhdar Hamina et Carrière devaient travailler sur une première mouture pour la soumettre au président Boumediene. Mais après la mort de ce dernier, le 27 décembre 1978, le projet a été mis en veille. Le président Chadli, qui était moins intéressé au thème historique que Boumediene avait, de son côté, souhaité faire des projets cinématographiques sur les trois importantes figures de la résistance algérienne. Un homme sera derrière l'écriture de ses projets, le ministre de l'Information de l'époque, Boualem Bessaïeh. Il faut dire que cet ancien professeur de lettres et docteur ès lettres et sciences humaines, de formation bilingue, devenu auteur de grandes oeuvres historiques, avait le profil pour rédiger des portraits sur les figures de la résistance algérienne. Ses fonctions d'ambassadeur dans plusieurs capitales occidentales et orientales comme Berne, le Vatican, Le Caire et Koweït City, vont créer en lui une envie de produire des films sur les grandes figures de la résistance algérienne: l'Emir Abdelkader, Mokrani et Bouamama. Mais au lieu de commencer cette trilogie par un grand film sur l'Emir Abdelkader, c'est par le Cheikh Bouamama que Bessaïeh a voulu entamer ses projets cinématographiques. Un choix étonnant surtout que les Algériens, principalement les étudiants, les chercheurs et les médias accordaient peu d'importance à cette figure historique de la résistance entre 1881 à 1908. Les révoltes les plus connues dans les ouvrages d'histoire sont celles menées par Cheikh El Mokrani, son frère Boumezrag El Mokrani et le cheikh El Haddad, chef de la confrérie des Rahmaniya en 1871 et surtout celle de l'Emir Abdelkader qui avait résisté à l'occupant français de 1832 à 1847. L'image de l'Emir Abdelkader est présente partout dans le quotidien algérien: sur les billets de la monnaie nationale et surtout sur la principale place de la capitale qui porte son nom et où une imposante statue le représente sur une hauteur de plusieurs mètres. L'Emir Abdelkader, comme Napoléon chez les Français, était également une figure très présente sur l'espace culturel. Une fresque peinte par l'artiste Hocine Ziani, garnit d'ailleurs le Palais d'El Mouradia.
L'autre étonnante décision de Bessaïeh, c'est le choix du réalisateur pour la mise en scène du film de Bouamama. Alors qu'on attendait Lakhdar Hamina ou Ahmed Rachedi, qui étaient déjà considérés dans les années 1980 comme des réalisateurs expérimentés, le scénariste a porté son choix sur le réalisateur Benamar Bakhti. Bessaïeh a même associé Bakhti dans l'écriture des dialogues du film. De plus, Bessaïeh n'a pas choisi l'Oncic, la puissante entreprise cinématographique nationale pour produire le film. Son choix s'est porté sur la télévision algérienne: la RTA, qui était sous sa tutelle en tant que ministre de l'Information. Boualem Bessaieh voulait ainsi avoir le contrôle total sur cette production.
La télévision algérienne qui avait acquis une expérience professionnelle dans la production des films à l'international comme Nahla de Farouk Beloufa, a pris à bras-le-corps donc la production du film sur l'épopée de Bouamama. Alors que certains attendaient un fiasco de cette production, le film a été réussi sur le plan technique, historique et surtout médiatique et artistique. La RTA qui produisait généralement des téléfilms en 16 mm a investi dans cette superproduction en filmant cette oeuvre comme une superproduction cinématographique en 35 mm. De plus, c'était un challenge technique, puisque pour sa première production historique, les responsables algériens ont choisi de faire confiance aux techniciens locaux. 95% des postes techniques étaient dirigés par les Algériens, même la musique. Seules les cascades ont été confiées à une équipe étrangère de cascadeurs conduite par le Français Yves Chiffre. Ce dernier était déjà connu pour avoir réglé les cascades dans plusieurs films algériens comme L'Opium et le Bâton, les Hors-la-loi de Tewfik Farès ou encore Z de Costa Gavras. Ce dernier était accompagné par 10 cascadeurs espagnols et italiens. Il étaient chargés avec leurs chevaux de chorégraphier les chutes dans les batailles. Yves Chiffre avait formé 10 cascadeurs algériens qui malheureusement n'ont jamais été exploités ensuite. Mais cette production a démontré le talent des techniciens algériens comme El Hachemi Lyliane et Aïcha Ben Bouali qui avaient confectionné les beaux costumes des militaires français et algériens, ou encore l'excellente photo de Youcef Sahraoui.
Le film de l'épopée de Bouamama a surtout fait découvrir un comédien de talent Athmane Ariouet, car la grande crainte c'était de trouver un comédien capable de jouer le rôle charismatique d'un chef à la fois militaire et religieux. Pari gagné donc pour Bessaïeh, qui a réussi ainsi son premier baroud d'honneur, lui qui n'avait jamais écrit pour le cinéma.
Cette aventure cinématographique a démontré aussi que les Algériens étaient capables de réaliser des films historiques sans demander l'apport des Egyptiens ou des Français. (A l'époque les Syriens n'avaient pas encore démontré leurs capacités à faire des films historiques). Fort de ce succès, Bessaïeh et même Benamar Bakhti se sont donc préparés à l'idée de faire une autre fresque historique sur une figure importante de la résistance algérienne: l'Emir Abdelkader...

L'expression

mardi 10 septembre 2013

D’anciens appelés de l’armée française en Kabylie

Des anciens appelés de l’armée française pendant l’occupation de l’Algérie ont effectué une visite cette semaine en Kabylie où ils ont rencontré des anciens moudjahidines de la glorieuse armée de libération nationale(ALN).
En effet, une cinquantaine d’anciens militaires ayant effectué leur service national en Algérie durant la Révolution armée étaient les hôtes des anciens moudjahidines et des élus locaux de Tizi Ouzou.
Durant leur séjour, Ils ont été conviés à un dîner avec leurs “ex-ennemis”. Les ex-appelés de l’armée coloniale n’ont pas caché leur émotion face à la tolérance de leurs adversaires d’hier.
Ils ont tenu à saluer ce courage de dépasser ces moments difficiles de l’histoire sanglante de la France en Algérie. Ces anciens militaires de l’armée française ont décidé de faire don de leurs pensions, qu’ils n’ont jamais accepté de percevoir, au profit des associations activant dans la bienfaisance au profit des démunis de la région.
Pour rappel, ce n’est pas la première fois que d’anciens appelés français effectuent un voyage sur la terre où ils ont livré une “sale guerre” puisqu’en mai dernier, une trentaine d’eux avaient participé à la commémoration des massacres du 8 mai 1945 et s’étaient même rendus à Ifri, où s’était organisée la Révolution algérienne du 1er novembre 1954.(photo d’archives)

Algérie 1
 

vendredi 5 juillet 2013

Cinquantenaire de l’indépendance : inauguration d’une stèle commémorative à l’aéroport international Houari-Boumediene

Le ministre des Moudjahidine, Mohamed Cherif Abbas, a inauguré jeudi soir une stèle commémorative du cinquantenaire de l’indépendance à l’aéroport international Houari-Boumediene d’Alger. Il s’agit d’une stèle de 14 mètres de hauteur, formée de deux fleurs de 4 et de 6 mètres de diamètre. Ces fleurs comptent chacune 50 pétales représentant 50 années d’indépendance.
La partie supérieure de la stèle, oeuvre de l’Union nationale des artistes algériens, comporte une sculpture en bronze symbolisant l’histoire de l’Algérie, entourée de l’emblème national et d’un flambeau. La partie inférieure est décoré d’un jet d’eau avec un jeu de lumières.
Dans une déclaration à la presse, le ministre des Moudjahidine a mis en avant "la symbolique de cette stèle qui renvoie à 50 ans de réalisations", ajoutant que le choix porté sur l’aéroport d’Alger "est motivé par le fait que ce dernier est la première vitrine du pays. M. Cherif Abbas a annoncé à cette occasion que des monuments similaires seront érigés dans l’est et l’ouest du pays.
APS

dimanche 26 mai 2013

“LA DERNIÈRE NUIT DE L’ÉMIR” D’ABDELKADER DJEMAÏ Figures d’Abd El-Kader en personnage romanesque


Une date et un événement de la vie de l’Emir Abd El-Kader - son exil - ont suffi à l’écrivain pour composer un récit formidable, oscillant entre la biographie, le document et la fiction. Histoire et petites histoires se croisent dans ce texte concis, juste et efficace.

Par une nuit froide et pluvieuse, Abd El-Kader attend au port de Djemâa-Ghazaouet, avec 96 de ses proches et compagnons, d’embarquer sur Le Solon, pour se rendre à Alexandrie ou à Saint-Jean-d’Acre. Ce soir-là, c’est le 24 décembre 1847. “Ce soir-là, les larmes de l’émir Abd El-Kader et de ses compagnons étaient cachées au fond de leur cœur. Ils venaient, après une résistance longue et acharnée, de connaître la défaite.  Durant plus de quinze années, ils avaient lutté contre une armée solidement équipée et bien nourrie. Une armée qui était, à l’époque, la plus puissante du monde”, note Abdelkader Djemaï dans son récit La dernière nuit de l’Émir, qui paraîtra aujourd’hui aux éditions Barzakh (et qui a été publié initialement, en mars 2012, aux éditions du Seuil, en France).
Après des années de lutte et de résistance à l’occupation française, l’émir Abd El-Kader signe sa reddition et attend. Et alors que l’émir attend, Djemaï (ra)conte. Dans son rôle de conteur des temps modernes qui lui va comme un gant, Abdelkader Djemaï passe en revue une grande partie de l’histoire de l’Algérie, au XIXe siècle, marquée notamment par la lutte contre l’occupant, les exactions commises par l’armée coloniale, les batailles livrées par l’émir et les siens, etc. Abdelkader Djemaï décrit les importants épisodes qui ont jalonné la vie de l’émir et sculpte le portrait d'Abd El-Kader jusqu’à le sortir de la légende. Il lui redonne un aspect humain, celui d’un homme qui s’est battu pour des principes et pour la justice. Djemaï n’oublie pas de rappeler, à travers des anecdotes, des faits et des témoignages d’anciens officiers français contemporains de l’émir, les grandes valeurs humaines qui caractérisaient Abd El-Kader, la noblesse de son esprit, la grandeur de son âme, sa passion pour les chevaux, son talent poétique, ses qualités d’homme d’Etat, son courage, sa stratégie militaire. Maître soufi également, Abd El-Kader incarne un modèle de droiture et d’humanisme. L’écrivain évoque aussi Smala, ville itinérante, “citadelle en toile” et la ville de Tagdempt. Il reviendra, en outre, sur l’exil forcé en France de l’émir et ses compagnons, sa retraite à Damas jusqu’à son décès, et même son pèlerinage à La Mecque aux côtés de son père Mahieddine. Pour porter les parties fictionnelles, Abdelkader Djemaï, qui a travaillé sur la base d’une documentation assez riche, introduit dans son récit, articulé autour de 26 chapitres, Bachir el-Wahrani, un meddah, qui raconte à son tour les aventures de l’émir, et esquisse des commentaires ou des explications, comme dans la partie où il tente d’éclairer le lecteur sur la reddition d’Abd El-Kader. “Il avait décidé, explique Bachir el-Wahrani, après avoir consulté ceux qui étaient restés à ses côtés. ‘‘Que puis-je faire encore, avait dit l’Emir, en restant dans ce pays alors que la cause est perdue ? Que peuvent les tribus en face d’une armée puissante qui n’hésite pas à employer tous les moyens pour l’anéantir.’’ Bachir El-Wahrani précise qu’en prononçant ces paroles Abd El-Kader, appelé à un exil à la fois volontaire et imposé, n’avait pas la voix lasse ni fataliste d’un roi déchu, d’un chef de guerre en déroute, ou d’un traîneur de sabre en mal d’héroïsme. (…) Il n’était qu’un homme qui s’était battu avec courage, intelligence et détermination contre ses adversaires décidés à éliminer et à asservir son peuple auquel il voulait épargner de nouvelles souffrance. Ces interventions de Bachir el-Wahrani sont une manière pour Abdelkader Djemaï de parler de l’exil. Un thème douloureux qui est, peut-être, le sujet central de ce récit concis et efficace. Le vendredi 24 décembre 1847 est bien la dernière nuit de l’Émir, chez lui, sur sa terre. Une terre de laquelle on l’a arraché, et rien n’a plus jamais été comme avant… L’exil est comme l’effondrement d’un monde tel que nous l’aurions connu. Une blessure irréparable.
Liberté

mercredi 17 avril 2013

Ali Kafi : un grand maquisard de l’indépendance du pays s’en va


Ali Kafi est décédé mardi au petit matin dans un hôpital à Genève(Suisse) à l’âge de 85 ans. Il a succombé à un brusque malaise. La dernière apparition publique de celui qui avait succédé à Mohamed Boudiaf à la tête du HCE, remonte au jour de l’enterrement du président Chadli Ben Djédid.
Ce jour-là Ali Kafi, habillé d’un costume en toile bleu “Changai” coiffé d’un couvre chef était aux côtés du président Bouteflika, à la tête du cortège funèbre au cimetière d’El Alia. Cimetière où il sera inhumé avec ses frères d’armes.
Ali Kafi est une grande figure de la révolution qui nous quitte. Il fait partie de cette génération privilégiée qui est entrée à jamais dans l’histoire contemporaine de l’Algérie, pour avoir justement choisi d’être aux avants poste de combat contre le colonialisme français.
Très jeune, il était déjà imprégné des idées du PPA, le premier parti politique algérien à revendiquer l’indépendance de l’Algérie. Il adhère à ce parti en 1945 en créant une cellule locale à Skikda, où il a vu le jour le 17 octobre 1928.
Les massacres du 8 mai 1945 ont renforcé sa conviction pour la lutte armée. Et c’est tout naturellement qu’il rejoindra les rangs de la révolution le 1er novembre 1954, après avoir été contacté par Didouche Mourad, chef historique de la wilaya II.
Il milite d’abord à Skikda, puis rejoint les maquis du Nord-Constantinois (Zone II, devenue wilaya II après le Congrès de la Soummam en 1956).
Sous les ordres de Zighoud Youcef, Ali Kafi participe aux offensives d’août 1955. Un an plus tard, il fait partie de la délégation de la zone II au congrès de la Soummam, et devient ensuite le dirigeant de la wilaya II (de 1957 à 1959), après le départ de Lakhdar Bentobal en Tunisie.
En mai 1959, Ali Kafi est appelé à Tunis et devient un des dix colonels, qui vont réorganiser les instances dirigeantes de la Révolution (le GPRA et le CNRA).
Au cours de la crise de 1962, Ali Kafi se retrouve du côté du GPRA. Pendant la fameuse crise de l’été 1962 entre l’Etat Major de l’ALN, sous la férule de Boumediene et le GPRA, présidée par Ben Khedda, Ali Kafi a pris fait et cause pour le gouvernement provisoire.
A l’indépendance, Ali Kafi est nommé ambassadeur dans plusieurs pays, à savoir la Syrie, le Liban, la Libye, la Tunisie, l’Egypte, l’Irak et l’Italie. En1990, il a été élu secrétaire général de l’Organisation nationale des moudjahidine (ONM). Son élection à la tête de cette organisation coïncidait avec l’ouverture politique de l’Algérie au pluripartisme.
Il profitera pour initier un rapprochement entre les anciennes figures de la révolution. Et c’est en cette qualité de patron de l’ONM que Ali Kafi a été désigné pour faire partie du Haut comité d’état, une institution de fait, pour suppléer à la vacance du pouvoir après la démission du président Chadli Bendjédid Il succède le 2 juillet 1992, en tant que président du HCE, à Mohamed Boudiaf, assassiné le 29 juin 1992.
Au cours de sa présidence, Ali Kafi a tenté de redonner un nouveau souffle politique au FLN, à travers ce qu’il avait alors qualifié de “projet national renouvelé”.
Après avoir quitté la présidence du HCE , suite à la désignation du président Liamine Zeroual, Ali Kafi est revenu encore à la tête de l’ONM de 1994 à 1996, date à laquelle il quittera définitivement la scène politique pour se consacrer à la rédaction de ses mémoires. Des mémoires qui ont été suivies d’une violente polémique avec les proches de Abane Ramdane
Algérie1

vendredi 29 mars 2013

La femme algérienne, symbole de détermination et de constance


Le ministre des moudjahidine, M. Mohamed Cherif Abbas a rendu hommage, jeudi à Alger, à la femme algérienne "symbole de détermination et de constance" saluant son rôle dans la libération du pays.
Le ministre qui intervenait lors d’une cérémonie organisée en l’honneur des moudjahidate à l’occasion du cinquantième anniversaire de l’indépendance, a affirmé que la femme algérienne a répondu avec bravoure à l’appel du devoir pour la libération de son pays.
L’occasion était pour le ministre de rappeler l’atrocité des méthodes utilisées par le colonisateur français contre le peuple algérien "ne faisant aucune distinction entre hommes et femmes, jeunes et vieux".
Il a, par ailleurs, salué, la prise de conscience de la femme algérienne et son apport aux cotés de l’homme rappelant que beaucoup de femmes ont inscrit leur nom en lettres d’or dans l’histoire de l’Algérie".
La célébration des évènements nationaux conforte "l’unité de la nation et consolide l’esprit d’entraide et de cohésion entre les enfants de la société", a souligné le ministre qui a appelé à préserver le legs des chouhadas.
Plusieurs moudjahidate ont été distinguées à cette occasion qui a été marquée par l’organisation d’une exposition sur le combat mené par la femme algérienne pour la libération nationale puis l’édification de l’Algérie indépendante.
APS