jeudi 7 novembre 2013

’Memoria’ supplément de "El-Djazair.com" consacré à la Révolution de Novembre


"Aux origines du 1er Novembre. La part du politique dans la révolution" est le titre du supplément mensuel d’histoire "Mémoria" du magazine "El-Djazair.com", paru à l’occasion du 59ème anniversaire du déclenchement de la guerre de libération nationale.
A travers une centaine de pages, ce supplément propose un flash-back sur la participation algérienne aux élections de 1945 à 1947 et les évènements ayant marqué la période 1945-1954 dont l’activité politique de l’UDMA, le PPA, le MTLD et l’Association des oulémas.
Les écrits, illustrés d’anciennes photographies des symboles du nationalisme algérien et de la lutte algérienne contre l’occupant français comme, notamment, Ferhat Abbas, Messali Hadj, Hocine
Lahouel, Mostefa Benboulaïd et Mohamed Belouizdad, montrent, entre autres, comment l’administration coloniale truquait les scrutins et l’attitude des autorités coloniales envers les nationalistes algériens.
Un volet est consacré à l’Organisation spéciale (OS), sa naissance, ses leaders, ses militants et responsables régionaux, dont Hocine Aït Ahmed, Mohamed Boudiaf, Ahmed Mahsas, Ahmed Ben Bella, M’hamed Yousfi et Souidani Boudjemaa, tandis qu’un autre met en lumière le journal El Moudjahid, considéré comme "un organe central qui a servi la Révolution algérienne pour exprimer ses positions et préciser sa doctrine".
Une partie, intitulée "Le congrès de la Soummam. La primauté du politique sur le militaire" et illustrée par des visages souriants en haut de la page de Abane Ramdane et Larbi Ben M’hidi séparés par la maison ayant abrité le congrès à Ifri Ouzellaguen, revient sur les principaux évènements de la période allant de 1956 jusqu’aux négociations d’Evian.
Le supplément comporte aussi un hommage au général et homme politique vietnamien Vo Nguyen Giap (décédé en octobre 2013), sous le titre "Un ami de l’Algérie s’en est allé" dans lequel Leila Boukli et Boualem Touarigt évoquent le parcours militant et politique du défunt.
Dans sa lettre, l’éditeur du magazine, Ammar Khelifa, a relevé que "seule la mémoire collective, comme un fait vital et impératif, peut soutenir la vivacité des lueurs d’antan et se projeter dans un avenir stimulant et inspirateur. Elle doit assurer chez nous le maintien et la perpétuation des liens avec les valeurs nationales et le legs éternel de la glorieuse révolution de Novembre".
Il a estimé que les moudjahidine et moudjahidate "se doivent davantage de réaffirmer leur mobilisation et leur engagement dans le soutien du processus national tendant à éterniser et à sacraliser l’esprit chevaleresque de Novembre", soulignant que "ceci n’est qu’un noble devoir envers les générations montantes, qui, en toute légitimité, se doivent aussi de le réclamer". Précisant que "raviver la mémoire, la conserver n’est qu’une détermination citoyenne et nationaliste", l’éditeur a fait savoir que "toute structure dépouillée d’histoire est une structure sans soubassement et toute nation dépourvue de conscience historique est une nation dépourvue de potentiel de créativité et d’intégration dans le processus de développement".

APS

mercredi 6 novembre 2013

Jacques Vergès... un victorieux avocat, frère de la cause algérienne



Le courage, le soutien de l’avocat anticolonialiste Jacques Vergès, à la cause algérienne et son apport à la révolution algérienne contre l’occupation française, ont été évoqués mardi à Alger par des moudjahidine et des avocats, lors d’une rencontre-hommage organisée dans le cadre du 18ème Salon international du livre d’Alger (SILA).
La moudjahida Zohra Drif-Bitat, la nièce du défunt avocat, Françoise Vergès, ainsi que d’autres avocats, ont salué le rôle joué par Jacques Vergès dans la défense des peuples qui luttaient pour la liberté, dont le peuple algérien, en mettant en relief, à cette occasion, sa stratégie de rupture avec la justice de la France coloniale, développée avec le collectif des avocats du Front de libération nationale (FLN) pendant la guerre de libération nationale .
La moudjahida Drif-Bitat, symbole de la "Bataille d’Alger" aux côtés de Yacef Saadi, Ali La Pointe, Hassiba Ben Bouali et d’autres figures emblématiques de la guerre de libération nationale, est revenue longuement sur les circonstances qui marquaient la période où a lieu la première rencontre avec Me Vergès et la confiance qu’inspirait cet avocat anticolonialiste qui "était prêt à dénoncer publiquement, en France et ailleurs, la pratique de la torture en Algérie".
Elle a affirmé que Me Vergès, à travers le procès de Djamila Bouhired, Djamila Bouazza, Abdelghani Mersali et Abderahman Taleb, a "proclamé la légitimité du combat libérateur de tous les combattants algériens" et a "réussi à mettre à nu la parodie de la justice de la France coloniale et sa partialité", prouvant ainsi que cette justice était "incompétente et inapte à les juger", a-t-elle dit avec émotion.
Selon Mme Drif-Bitat, la stratégie de rupture avec la justice française de l’époque "conçue, élaborée et mise en œuvre par Me Vergès lors de ce procès de 1957, a "suscité des débats sur les juridictions françaises et leur nature inique", saluant, pour la même occasion, le courage et la conviction des justiciables algériens, d’avoir accepté cette stratégie, première du genre en Algérie colonisée, quelles que soient les conséquences.
Elle a également décrit avec beaucoup de détails et précisions les conditions et le climat dans lesquels s’est déroulé le procès, son caractère "inédit" ainsi que sa "diabolisation" par la presse française, rappelant à chaque fois, que ce procès a "permis d’alerter l’opinion publique internationale sur les méthodes utilisées par l’armée française et la justice employée à l’égard des combattants algériens depuis le début de la colonisation".
"Jacques Vergès est l’âme de la libération nationale. C’était un avocat extraordinaire doté d’une grande sensibilité. Quelle chance d’avoir compté dans notre rang ce brillant homme qui a sauvé des dizaines de condamnés à mort et porté la cause algérienne dans son cœur car convaincu du droit du peuple algérien de vivre libre dans son propre pays, l’Algérie", a-t-elle dit sans pouvoir retenir ses larmes.
Pour sa part, le membre du premier collectif d’avocats du FLN, Me Ghouti Ben Malha, qui a connu Me Vergès lors du conseil de l’Union internationale des étudiants à Bucarest (Roumanie) en 1950, a indiqué que ce "redoutable" et "courageux" avocat a "adopté la position algérienne pour ne plus reconnaître les compétences de la justice française de l’époque et rompre avec les tribunaux coloniaux".
Né au Cambodge, Jacques Vergès est décédé le 15 août 2013 à l’âge de 88 ans.
Le 18ème Sila se poursuit jusqu’au 9 novembre au Palais des Expositions (Pins Maritimes) sous le slogan "Ouvre-moi au monde" avec la participation de près de 1.000 exposants algériens et étrangers.

APS

mardi 5 novembre 2013

"Les camps de regroupement de la guerre d’Algérie" en librairie


Publié initialement en 1967 en France, le livre "Les camps de regroupement de la guerre d’Algérie" de Michel Cornaton, vient d’être édité en Algérie par les Editions Saihi avec le soutien du ministère de la Culture dans le cadre du 50e anniversaire de l’indépendance.
Le livre reprend une étude par laquelle l’auteur, qui a connu les camps de regroupement en Algérie coloniale lors de son service militaire (1959-1960) avant de revenir les étudier à l’indépendance, a soutenu son doctorat en sociologie.
"Voici un livre solidement documenté, et documenté avec bonne foi, sur la tragique histoire des regroupements algériens avant et après la guerre. Car, et c’est le grand intérêt de cette étude, elle ne s’arrête pas en 1962, et elle nous apprend que les regroupés, en majorité, sont demeurés sur place après que le droit leur a été rendu de revenir dans leur ancien foyer", écrit l’ethnologue Germaine Tillion dans la préface.
Dans la première partie de l’étude, Michel Cornaton, qui a enquêté auprès de 160 centres regroupant 170.000 personnes, affirme que les premiers camps de regroupement sont apparus au moment où l’armée coloniale a conquis de vastes territoires.
"Pour organiser ces territoires sont créés, en 1844, les Bureaux arabes. Un de leurs principaux objectifs sera de rassembler et de fixer les populations. On a toujours prétendu que les Bureaux arabes envisageaient surtout cette concentration sous l’angle de la sécurité à assurer au pays", souligne-t-il.
Si pour l’auteur "il ne fait pas de doute que le regroupement des habitants, dispersés en de nombreux petits douars, a grandement facilité les opérations de pacification", il n’en demeure pas moins que la première raison de la création de ces villages de misères fut "d’abord de s’emparer de l’esprit du peuple algérien, après s’être emparé de son corps".
"Les officiers de 1850 alléguèrent des mobiles militaires pour justifier leur politique colonialiste, de la même façon que ceux de 1960 prétexteront des motifs humanitaires pour recouvrir une politique de regroupement à objectif exclusivement militaires. Assurément, les cantonnements sont à inscrire dans la logique même du colonialisme", soutient M. Cornaton.
La guerre de libération nationale a été, selon lui, marquée par la naissance et le développement d’une politique officielle des regroupements pratiquée par les autorités coloniales françaises de 1959 à 1961.
"De l’aveu même des autorités françaises, les regroupements sont avant tout une machine de guerre qui permet de couper l’ALN (Armée de libération nationale) de ses assises populaires et de ses soutiens logistiques indispensables", relève l’auteur qui estime à plus 2,3 millions personnes parquées dans les camps, conséquemment à la politique des "zones interdites", soit 26% de la population musulmane.
Dans les chapitres V et VI, M. Cornaton a analysé les conditions de vie déplorables dans les camps durant la colonisation comme il s’est attardé sur les conséquences de cette politique qui a complètement bouleversé la société rurale algérienne.
La deuxième partie du livre est consacrée à "la situation des regroupés et des regroupements après l’indépendance" dans plusieurs régions du pays comme Ain Temouchent, la Grande Kabylie, Collo et Ain M’lila.
Le chercheur a été amené à constater des regroupements "en augmentation" dans des régions où le secteur socialiste prédomine, "stationnaires" dans les zones à vocation surtout agricole et "en diminution" dans les régions montagneuses déshéritées, avant d’approfondir leurs caractéristiques sociologiques axées autour du phénomène de "déracinement spatio-temporel".
Les actions initiées par l’Etat algérien nouvellement indépendant pour prendre en charge ce "lourd héritage" a constitué le thème de la dernière partie de cette étude.
"Pour n’avoir pas réfléchi à l’expérience des regroupements, l’Algérie a construit des centres ruraux qui rassemblent trop souvent à des centres de regroupements", déplore-t-il.

APS

vendredi 1 novembre 2013

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jeudi 31 octobre 2013

1er Novembre 1954 : Le sens de l’histoire



«A vous qui êtes appelés à nous juger...» C’est par cette phrase, pleine de significations et de symboles, que la Proclamation du 1er Novembre 1954, s’adressa au peuple algérien et aux militants sur la légitimité et la justesse de notre lutte de Libération nationale.

Tout a commencé lorsque des militants, anciens membres de l’Organisation Spéciale (OS), mise en place en 1946 et démantelée par la police en 1950, ont décidé de se regrouper et de déclencher le combat révolutionnaire.
 Le MTLD qui était divisé en deux fractions antagonistes, ne pouvant venir à bout des querelles, aura permis à quelques anciens de l’OS de créer le Comité révolutionnaire pour l’unité et l’action (CRUA) qui comprenait au départ cinq membres : Mohamed Boudiaf, Mostefa Benboulaïd, Larbi Ben M’Hidi, Rabah Bitat et Didouche Mourad avant que Krim Belkacem, qui tenait le maquis en Kabylie, ne les rejoigne.
Ce comité rallie à son projet Ahmed Ben Bella, Hocine Aït Ahmed et Mohamed Khider qui étaient au Caire. Ce sont ces neuf hommes qui prendront l’initiative de l’insurrection armée.
 Entre messalistes et centralistes, la scission est consommée. Le 10 octobre 1954, les six membres du CRUA présents à Alger décident de déclencher la lutte. Ils créent l’aile politique appelée FLN et l’aile militaire dénommée  ALN. La date de l’insurrection est fixée au lundi 1er Novembre 1954.
Deux mois plus tôt, les six s’étaient répartis les zones ou wilayas qu’ils venaient de mettre en place.
Le mouvement de rénovation du FLN, offrira la possibilité à l’ensemble des patriotes de toutes les couches sociales et obédiences partisanes de rallier a titre individuel, à la cause nationale pour la renaissance d’un «Etat algérien souverain, démocratique et social dans le cadre des principes islamiques».
Au matin du 1er Novembre 1954, les armes ont pris le dessus à travers l’ensemble du territoire, sonnant le glas d’une époque coloniale qui s’était illustrée par tant de crimes, de parjures et d’atteintes aux valeurs les plus sacrées de l’humanité.
Une Révolution faite d’héroïsme et de foi qui va consigner en lettres de sang et d’or, une  page glorieuse de notre histoire.  
Que d’insurrections populaires ont eu lieu, depuis la résistance contre le système de l’injustice et de la terreur coloniale d’un guerrier affilié à la zaouïa Qadiria, l’Emir Abdelkader. La continuité de l’action résistante reflète si bien la logique d’une Nation fière de son passé.
Novembre 1954 - Juillet 1962, telle fut la période de lutte d’un peuple décidé à recouvrer sa liberté et son indépendance. Une période qui vit la chute d’une République et où deux millions de soldats français se sont échinés en Algérie pour partir en guerre dont un douloureux et exorbitant tribut d’un million et demi de chouhada a été payé par le peuple. Que d’atrocités vécues par nos compatriotes. L’attachement des Algériens à leur patrie et à leur disposition inconditionnelle à la défendre, les armes à la main, obligea les Français à remettre en cause leur fausse conception de la réalité.

Un lourd tribut payé  à  la liberté
 La Révolution de Novembre 54 est devenue un modèle incontestable par son organisation, sa discipline et son efficacité, mais aussi par les sacrifices sans cesse consentis.
Pour la seule ferme Ameziane de Constantine, de 1957 à février 1961, plus de 108.175 personnes y ont subi la torture, soit plus de 500 torturés par semaine, une véritable usine à torture. Ce n’est pas le seul lieu de persécutions atroces. De la gégène à l’asphyxie par le gaz, à la baignoire, à tous les types d’atteinte à la dignité des hommes, la torture est toujours abjecte. Mais l’atrocité de la guerre ne s’arrête point à la torture. Elle s’étend à celle du nombre. C’est ainsi qu’en 1959, un rapport officiel fait état d’un million de regroupés dans les camps de concentration. Les Algériens mouraient de différentes manières. Des dizaines de milliers de personnes ont été décimées par les mines antipersonnel sans compter celles qui sont restés handicapées à vie.
 L’enfermement sans jugement était devenu monnaie courante. L’assignation à résidence des militants nationalistes était la règle, les déplacements massifs des populations et les emprisonnements tous azimuts relevaient du plus fol arbitraire. La France a eu recours à tous les moyens et subterfuges pour falsifier la réalité. Des ouvrages tels que La Question, La Gangrène, Nuremberg pour l’Algérie, La mort de mes frères, n’apparaissent que tardivement alors que la censure frappe des films comme Algérie en flammes de René Vautier, les Statues meurent aussi d’Alain Resnais ou Murielle et  encore, Octobre à Paris de Jacques Panijel, J’ai huit ans, drame psychologique de Yann le Masson. L’opinion progressiste française se mobilise contre la sauvagerie de la guerre.
Les intellectuels tels que François Mauriac, Jean-Paul Sartre, Jacques Vergès, les porteurs de valises du réseau Jeanson pour ne citer que ces exemples, se mettent de la partie pour aider le peuple algérien dans sa lutte contre le colonialisme.
Après cinq ans d’une guerre cruelle, le général de Gaulle comprend l’impossibilité pour la France d’aller plus loin sur le chemin hasardeux de la guerre. Il appelle à l’autodétermination et dira : «Si je ne résous pas cette affaire, personne ne le fera à ma place, la guerre civile s’installera et la France perdra».
 De Gaulle comprenait le danger. L’OAS, à elle seule, avait tué plus de 6.000 hommes et femmes, selon l’un de ses responsables, sans compter la terre brûlée et la destruction massive de tout ce qui est mémoire de notre peuple.

L’aboutissement d’un long processus de maturation
Le président Benyoucef Benkhedda ne cessait de répéter que «le 1er Novembre 1954 n’est pas une rupture avec le passé ; il n’est pas une irruption spontanée. C’est l’aboutissement d’un long processus de maturation. C’est dans la filiation des idées de l’ENA, du PPA et du MTLD que le FLN tire ses références».
 Déjà en 1945, les prémices d’un tel bouleversement étaient clairement prévisibles à l’observateur, car le lien entre les événements de mai 1945, et le départ de la Révolution en Novembre 1954, est tellement étroit.
Effectivement, le 8 mai 1945 était la manifestation de l’état d’esprit d’un peuple avec cette différence qu’en 1945, il croyait encore en la possibilité de recouvrer ses droits par des moyens pacifiques, alors qu’en novembre 1954, il était décidé, instruit par son premier échec, à ne plus commettre d’erreurs et à utiliser les moyens adéquats capables de faire face à la force qu’on lui a toujours opposée.
En  novembre 1954, toutes les conditions étaient réunies, concrétisées en deux forces aussi décidées l’une que l’autre : d’une part, un peuple disponible, ayant gardé intact son énorme potentiel révolutionnaire et d’autre part, une avant-garde militante, issue de ce peuple dont elle partageait les expériences quotidiennes, les peines et les déboires.
C’est de cette conjonction intime que naquit la Révolution algérienne.

Union sacrée sous la bannière du FLN
A la différence d’autres révolutions, le FLN, dès sa naissance, se dégageait nettement de tous les partis politiques auxquels il faisait en même temps appel pour rejoindre ses rangs sans condition ni préalable d’aucune nature.
Cette position en clair signifie que le 1er Novembre ouvrait une ère nouvelle d’union nationale et condamnait implicitement toutes les divisions et oppositions partisanes incompatibles avec la révolution naissante. Il faut retenir également le souci des premiers hommes de la Révolution d’introduire un autre esprit, d’autres méthodes et surtout une conception neuve tant en ce qui concerne les idées que l’organisation ou les hommes.
La  Révolution du 1er Novembre décréta le principe de la collégialité, condamnant à jamais le culte de la personnalité, générateur de discorde et nuisible, quelle qu’en soit la forme, à l’avenir d’un jeune peuple qui a besoin de tous ses hommes, de toutes ses ressources et d’une politique claire et franchement engagée qui ne peut être l’affaire d’un homme, aussi prestigieux soit-il, mais de toute une équipe d’hommes décidés, vigoureusement articulés en une organisation bien définie, disposés à donner le meilleur d’eux-mêmes avant de se faire prévaloir de tout titre, de toute légitimité et encore moins de droits acquis ou de prééminence de tout genre.
 Partie intégrante et motrice de la formidable vague de fond qui secoue l’Afrique et l’Asie, l’Amérique du Sud, la Révolution algérienne, dès son début, s’est classée par rapport aux lignes de force de l’échiquier mondial.
 Enfin, son caractère populaire et patriotique, sa coloration anticolonialiste, son orientation démocratique et sociale, sa position dans le Maghreb arabe et son appartenance à la sphère de civilisation arabo-islamique sont autant de traits marquants que porte la Révolution algérienne dès sa naissance et qui détermineront son évolution et conditionneront son devenir.
M. Bouraib

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Novembre, 59 ans après
l 59 ans après le déclenchement de la glorieuse Révolution de 1954, l’esprit de Novembre est en l’état. N’en déplaise aux détracteurs attitrés de l’Algérie éternelle, en mal de propagande tendancieuse et tentant toujours de faire accroire que le pays est en panne de nationalisme, les valeurs que cette Révolution véhicule sont même d’actualité.
La génération post indépendance qui a fait sienne la cause de ses aînés, celle de la défense des principes de liberté et de justice, a magistralement assuré et assumé la continuité. Les forces nationales, de quelque obédience qu’elles soient, sacralisent le message de Novembre. Les partis de l’opposition ou ceux au pouvoir revendiquent tous leur attachement. Les historiens ne manqueront certainement pas de consigner que la farouche résistance d’un peuple esseulé face  à l’islamisme politique et le rejet de ses desseins obscurantistes ont valeur d’une révolution réitérée pour défendre l’Etat alors menacé dans ses fondements républicains. 59 ans après, l’Algérie, qui a prouvé à la face du monde ses capacités à se relever des grandes épreuves, a montré au reste du monde qu’en dépit d’une tragédie nationale, que Dieu seul sait quantifier, qu’elle s’est relevée comme seules les grandes nations savent le faire. Le reste, tout le reste, est une sorte de suite logique dans le parcours édificateur que s’approprie le génie populaire pour lui conférer sa sacralité. L’Algérie qui  célèbre le 59e anniversaire de la Révolution du 1er Novembre, c’est  l’Algérie de la reconstruction, des réformes profondes, et de la démocratisation. Des œuvres exaltantes les unes autant que les autres, mais, il faut le souligner avec force, qui s’inscrivent en droite ligne du projet de société « novembriste ».
L’occasion est certes opportune  pour rendre un hommage marqué à l’ANP dont l’engagement dans la défense de la République ne souffre aucune ambiguïté. Les réalisations nombreuses inscrites à l’actif du pays post-tragédie ne  sont assurément pas des moindres et constituent pas moins un motif de fierté pour tout Algérien. Les échéances à venir dans les domaines socioéconomique et politique sont aussi importantes pour planter de nouveaux jalons dans la voie du renouveau national. Ceux-ci viendront consolider les avancées multiples déjà engrangées sous l’impulsion de l’action publique, voire d’une gouvernance qui rompt avec la gestion d’antan. Au-delà de son impact socio-économique escompté, l’investissement injecté dans le développement national et dans la relance de la machine économique est tout aussi d’une portée politique évidente et qui puisse restituer au pays la liberté de décision.
Les correctifs apportés de temps à autre aux stratégies ne dévient pas des fondements de la politique de construction d’un pays démocratique où règne le droit et où les libertés sont garanties. L’Algérie, qui a parcouru un bon bout de chemin sur la voie de la refondation et se construit sans discontinuer dans ses quatre points cardinaux, a résolument mis le cap sur un Etat fort de son économie, de ses institutions et de ses ressources humaines ; un Etat qui pourra résister aux effets de conjonctures.

EL MOUDJAHID                                        

59e anniversaire du 1er novembre : Qu’a-t-on écrit et publié sur le 1er Novembre ?


Le 1er novembre demeure une date qui fait consensus en Algérie. Toutes les familles politiques se réclament de la déclaration qui, ce jour-là, ressuscita la nation algérienne qui affirma sa volonté de renaître.

La date, désormais, relève davantage de l’histoire même si elle continue à inspirer des actes, des attitudes. Mais qu’a-t-on écrit et retenu de cette journée historique ? A vrai dire, beaucoup de choses ont été écrites et filmées sur le contexte historique qui avait aidé à l’embrasement de l’Algérie. Les collections de la presse nationale regorgent de témoignages sur les militants qui avaient pris part aux préparatifs qui avaient précédé le jour « j » et les moyens qui ont servi à attaquer quelques casernes et saboté des infrastructures dans diverses régions du pays. On peut lire des dizaines de récits sur les hommes qui « ont fait le coup de feu », des reportages sur des lieux comme les gorges de Tighanimine, près d’Arris, Azazga, Alger où les hommes du FLN se manifestèrent. Des numéros spéciaux ont été régulièrement publiés où la parole fut donnée à des militants qui ont déroulé le fil de leurs souvenirs. Haya Djelloul a produit, il y a quelques années, pour la Télévision nationale, un remarquable documentaire dans lequel de grands noms de l’époque, comme Boudiaf, Aït Ahmed, ont évoqué également cette date et tout le processus qui avait conduit au déclenchement de la Révolution. On peut ranger aussi dans cette case le précieux livre de Benyoucef Benkhedda, les Origines du 1er Novembre (Editions Dahlab 1983) ou la Guerre commence en Algérie » (Editions Complexe 1984) de Mohamed Harbi.

Un registre plus épaissi
Toutefois, on trouve moins de témoignages des acteurs qui ont pris directement part aux actions. La plupart étaient, il est vrai, des hommes de condition modeste et l’urgence était à l’action. Des hommes, comme Ouamrane et Bitat qui avaient dirigé les attaques, Hadj Lakhdar ou Krim Belkacem, qui ont survécu à la guerre, n’ont pas légué leurs mémoires. Leurs souvenirs sont par contre essaimés dans des publications d’auteurs ou de journalistes, notamment étrangers, comme Yves Courrière. Son livre Les fils de la Toussaint est un récit vivant et palpitant de cette nuit. Il y relate les doutes, l’engagement des hommes, la modestie des moyens et les réactions des protagonistes dans les jours qui ont précédé et suivi ce qui fut alors qualifié de « coup d’éclat dans un ciel serein ». Dans ce registre, le livre le Pays des hommes libre d’Ali Zamoum reste une heureuse exception. L’homme, qui passera toute la période de la guerre à la prison Barberousse où il sera un compagnon d’Ahmed Zabana, comme le montre le film consacré à ce dernier, décrit, dans le détail, les réunions des militants, les achats d’uniformes, les fonctions de chacun des hommes qui, dans la région de Kabylie, allaient écumer les maquis. On y trouve aussi relatées avec minutie les circonstances qui ont présidé au tirage, dans une maison du village d’Ighil Imoula, de la déclaration du 1er Novembre. Ces dernières années, à la faveur des mémoires, de nombreux responsables, qui ont joué un rôle dans la guerre de Libération, ont toutefois épaissi le registre de l’histoire. C’est ainsi qu’Ali Kafi évoque le 1er Novembre dans le Nord-Constantinois, Tahar Zbiri dans la zone des Aurès Nememchas où furent enregistrés les premiers morts.

Récits multiples
Il est rare de ne pas trouver dans le grand nombre de livres parus ces dernières années trace du 1er Novembre. On s’attarde toujours sur cette journée et ses événements certes inattendus. Ils s’étalent davantage sur sa signification et son importance. Il suffit de relire Attoumi, Azzi, Mustapha Benamar ou Chadli Bendjedid. Longtemps, la recherche sur l’histoire, un levier puissant de légitimation politique, était marquée par les tabous et l’occultation. Mohamed Boudiaf publia, en exil, ses souvenirs sur les « préparatifs du 1er Novembre » auxquels il prit pourtant une part prépondérante. Beaucoup de livres, comme ceux d’Ali Haroun, du commandant Azzedine, furent publiés en France. Depuis un quart de siècle, d’autres écrits ont surgi. On peut citer ceux de Lakhdar Bouregaâ, de l’historien Aïned Tabet dont le livre sur l’histoire de la ville de Sidi Bel-Abbès (Enag 1999) regorge d’informations sur les actions entreprises dans la nuit du 1er novembre où deux fermes furent attaquées près de Sidi Ali à l’est de Mostaganem. Durant l’accrochage, fut tué notamment l’adjoint de Ben M’hidi alors chef de la zone 5 (Oranie), Abdelmalek Ramdhane. Pour une génération avide d’images, le 1er Novembre se retrouve aussi dans plusieurs films dont les plus récents sont ceux dédiés à Zabana et Benboulaïd. Ce jour-là constitue toujours la séquence de rupture dans la vie des personnages qui entrevoient la lumière d’une aube naissante. Ce qui fut réellement ce jour gravé à jamais dans la mémoire nationale.

HORIZONS

Existence d’un Etat algérien avant l’occupation française : une vérité historique établie


L’existence d’un Etat algérien avec toutes ses composantes avant l’occupation française "est une vérité historique établie et étayée par des preuves et documents authentifiés", a affirmé mercredi le directeur général des Archives nationales, Abdelmadjid Chikhi.
Dans son intervention lors du forum de la Sûreté nationale, M. Chikhi a soutenu que l’occupation française de l’Algérie en 1830 constituait "une agression d’un Etat contre un autre, car l’Algérie était à l’époque un Etat avec toutes ses composantes contrairement aux assertions de la France".
Pour preuve, le directeur général des Archives nationales citera la centaine de conventions et accords conclus par l’Algérie de 1600 à 1830 avec de grands pays tels la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et l’Allemagne dont 79 avec la France, estimant que ces accords constituaient "une preuve légale que l’Algérie était, à l’époque, un Etat souverain".
La thèse selon laquelle l’Algérie était "une simple régence relevant de l’empire ottoman est dénuée de tout fondement", a fait savoir M. Chikhi précisant que "l’Algérie s’était annexée à l’empire ottoman à sa demande, en témoigne un document historique qui existe encore".
"L’Algérie était le seul pays à avoir demandé à être annexée à l’empire ottoman de sa propre initiative, pour être associée à la politique ottomane régissant la Méditerranée face aux offensives menées par l’empire byzantin contre les pays musulmans", a-t-il rappelé.
Pour M. Chikhi, la Sublime porte (Direction de l’empire ottoman à Istanbul) accueillit favorablement l’annexion de l’Algérie qui allait faire office de "base avant" face à l’expansionnisme chrétien.
Par ailleurs, M. Chikhi a mis l’accent sur la politique colonialiste adoptée par la France en Algérie et "dont la barbarie et la vileté furent sans égales, car s’appuyant sur l’extermination de la population et la destruction des fondements de l’Etat algérien".
Pas moins de 7 millions d’Algériens furent tués entre 1830 et 1860, a affirmé M. Chikhi précisant que l’Algérie comptait à l’époque 10 millions d’habitants, des statistiques attestées par l’historien Hamdane Khodja dans son ouvrage "le miroir".
Il a, également, rappelé l’élimination par la France des personnes instruites en vue de propager l’ignorance, sachant qu’à l’époque 80% des Algériens savaient lire et écrire contre 80% d’illettrés en France.

APS