vendredi 20 mars 2015

célébration du 53e anniversaire du 19 mars 1962 : Le sens d’un combat

Le 19 Mars 1962, à midi, est décrété le cessez-le-feu sur toute l’étendue du territoire algérien en application des Accords signés la veille à Evian-les-Bains entre les représentants du Gouvernement français et les représentants du GPRA. Des accords signés après d’âpres négociations qui venaient de mettre fin à 132 années de colonisation et qui s’inscrivaient en droite ligne de l’ aboutissement inéluctable de la Proclamation du 1er Novembre 1954, à la renaissance de l’Etat algérien, de l’Algérie en tant que Nation, en tant que pays libre, indépendant et totalement souverain. L’Algérie combattante ne pouvait se suffire, encore moins accepter, une indépendance à la carte et une souveraineté différée. Libre et indépendante l’Algérie ne pouvait l’être que totale, une et indivisible du nord au sud et de l’est à l’ouest, chaque portion de son territoire irriguée par le sang pur de ses chouhada. Une indépendance chèrement acquise au prix des sacrifices du peuple uni sous la bannière du Front de libération nationale, offrant à la Révolution sa jeunesse, ses biens, et la portant haut de sa voix, son cri atteignant les travées des Nations unies. Une indépendance arrachée de haute lutte par des moudjahidine formés à l’école du nationalisme qui ont bravé la soldatesque coloniale et ses généraux, armés de la justesse de leur combat, de la justesse de leur cause sacrée face aux tanks et aux avions, face à la force de frappe ajoutée de l’OTAN. Une indépendance qui ne pouvait être totale sans une souveraineté tout aussi totale. Une souveraineté sur chaque arpent de l’Algérie, une souveraineté totale sur ses richesses naturelles. 53 années après cette grande fête de la Victoire, l’emblème national flotte partout et l’Algérie est maîtresse de ses décisions, de ses choix et de sa destinée. Des principes sacrés qui continuent de guider l’action des pouvoirs publics et qui constituent des constantes.
A. M. A.        

Accords d’Evian
Le déni de la partition de l’Algérie .
Le 19 mars 1962 est une défaite pour l’Etat français et une victoire pour l’Algérie, dont tout un peuple a accompagné dans la douleur et le sacrifice ses combattants durant huit ans pour imposer à la France coloniale la logique de l’histoire. « Il n'y aura pas de Dien Bien Phu », tentent de se rassurer les politiques français. Soit ! Ils auront l’Algérie devenue une leçon d’histoire pour les « mauvais élèves » et un os resté en travers de la gorge des nostalgiques d’un empire irréel jusqu’à nos jours. Le 19 mars 1962 est réellement une date de la victoire, pour preuve, les Français qui avaient commencé à faire des appels du pied en secret aux Algériens avaient « exigé » l’arrêt de tout combat comme préalable à l’ouverture d’éventuelles négociations. Les Algériens refusent. Le 8 mars, de Gaulle accepte (selon ses propres termes) l'ouverture de discussions « sans conditions préalables ». Une victoire y compris sur le plan psychologique qui aura des conséquences d’une portée stratégique dont les effets se font sentir jusqu’à nos jours, y compris dans les débats académiques. En effet, cette défaite de la partie française d’imposer un cessez-le-feu avant toute négociation fait asseoir à la table des négociations le FLN comme  seul représentant du peuple algérien porteur de deux exigences non négociables : l’Algérie est un seul pays, indivisible, Sahara compris, et le peuple algérien est une unité dont les décisions concernent tout le territoire et tous ses habitants.
L’histoire, on le sait, a donné raison aux négociateurs algériens. L'OAS (Organisation de l'Armée Secrète), créée en 1961, va renouer avec les actes des généraux français à l’aube de l’expédition coloniale en s’en prenant avec férocité et sauvagerie aux populations civiles. Dans les quartiers interdits aux Algériens, dans les jardins, dans les caves des maisons coloniales, une fois abandonnés, les Algériens vont découvrir horrifiés, des milliers d’ossements humains aux crânes défoncés, certains menottés, des cadavres déterrés de simples citoyens affreusement mutilés… Dans leur rage, certains Français n’ont trouvé que la politique de la terre brûlé pour exprimer leur défaite. Soixante ans plus tard, un ersatz de cette période peu glorieuse de la France s’agite à travers les gesticulations de rejetons illégitimes de la marche de l’histoire en croyant réécrire les faits en modifiant les noms des rues. Qu’un maire d’une ville française croit réhabiliter l'Algérie française en rebaptisant la rue de sa ville du 19-Mars-1962 en une rue du commandant Hélie Denoix de Saint Marc, l'un des acteurs du putsch des généraux à Alger, en avril 1961, ne fait que révéler cette persistance d’une mémoire malade de la France. Libre à ces politiques nostalgiques de balafrer leur territoire de noms controversés qui ne font que leur rappeler au quotidien le déclin et la chute de la France coloniale coupable d’avoir mené l’une des expéditions les plus sanglantes de ces deux derniers siècles.  Ce maire, ex-journaliste et ex-président de Reporter sans frontière, dont, hélas, une partie de la presse algérienne attendait ses « bonnes » notes, a rejoint la liste de ceux qui se sont transformés en paillasson sur lequel viennent s’essuyer les partisans de l’extrême-droite, vivier dans lequel est largement représenté le courant de l’Algérie française. Ce refus de la réalité, cette haine qui se dévoile, cette intolérance qui suinte par tous les pores dans une société fragilisée dans ses fondations mêmes sont, par-delà le temps, la preuve même que notre combat était juste. Dans cette lignée qui part de Bugeaud, Pelissier, St Arnaud, Bigeard pour se déverser dans cette mare où viennent se jeter des Gérard Longuet et autres Robert Menard pour frayer dans le lit de la xénophobie et de la haine, la révolution de Novembre a été la ligne de fracture imposée par le choix de tout un peuple dont les valeurs de liberté, d’intégrité territoriale et de souveraineté sur ses richesses ne sont pas de vains mots. C’est pour cela que le 19 mars 1962 n’est pas le jour du cessez-le-feu mais celui de la victoire.
Mohamed Koursi

CONFéRENCE SUR LA Fête de la victoire à L’UNIVERSITé DE BLIDA
Le moudjahid Lamine Khène : « Le grand mérite revient au peuple »
Le moudjahid Lamine Khène, ancien membre du Gouvernement  Provisoire de la République Algérienne (GPRA), a estimé, hier  à Blida, que  le plus grand mérite dans la victoire de l’Algérie sur la France, durant la  guerre de Libération nationale, revient au peuple algérien dans sa totalité. "Le peuple algérien a contribué, en grande partie à la victoire sur le colonialisme français, le 19 mars 1962", a assuré M. Khène lors d’une conférence organisée par le musée national du Moudjahid, à l’université Saad-Dahleb de Blida, à la veille de la célébration de la Fête de la victoire. Le peuple, qui était isolé "a résisté à la torture et à tous les crimes commis à son encontre par les autorités coloniales pour le terroriser", a-t-il  ajouté. Il a soutenu que c’est "sa foi en la cause nationale et en la liberté" qui l’a incité à "braver la France et à soutenir l’Armée de libération nationale jusqu’à la victoire". "Le peuple algérien n’a pas eu de cesse de se soulever contre le colonisateur français, depuis la première heure, quand celui-ci a mis les pieds sur son sol,  une résistance qui fut couronnée par la glorieuse guerre de Libération nationale, qui a rassemblé, autour d’elle, tout le territoire national, le 1er novembre  1954, jusqu'à la grande victoire de l’Algérie, dont le tribut fut très chèrement  payé", a-t-il estimé, par ailleurs. Pour le moudjahid Lamine Khène, le jour d’indépendance de l’Algérie devrait être fêté le 19 septembre 1958, date de la fondation du GPRA, dont l’impact fut très important sur la guerre de Libération, car reconnu alors par de nombreux pays de la communauté internationale, qu’il a intégrée. "C’est grâce à ce gouvernement provisoire que l’Algérie a pu s’engager  dans de longues et rudes négociations, qui ont obligé la France à la reconnaître,  et à reconnaître le droit du peuple algérien à l’indépendance", a-t-il assuré. Pour sa part, le moudjahid Daho Ould Kablia a présenté à l’assistance, composée de personnalités historiques et nationales, un historique des négociations qui ont eu lieu entre le GPRA et le gouvernement français, ainsi que des multiples  contraintes qui ont jalonné le processus de ces tractations, pour pousser la  partie algérienne à faire des concessions, comme de séparer le Sahara du reste du territoire national.  M. Ould Kablia a souligné que tous "ces marchandages ont échoué, puisque les deux parties sont parvenues à signer les Accords d’Evian (ville française), durant le dernier round des négociations, entre le 7 et 18 mars 1962". "Des accords soldés par l’annonce du cessez-le-feu le 19 mars 1962, à travers tout le territoire national, avec la décision d’une période transitoire, suivie d’un référendum d’autodétermination", a-t-il ajouté, signalant que les résultats de ce référendum, qui furent annoncés le 3 juillet, furent sans appel, puisque la "majorité écrasante des votants a dit ‘‘Oui’’ à l’indépendance de l’Algérie".
    EL MOUDJAHID

mardi 30 décembre 2014

Houari Boumediene . Il y a 36 ans maintenant, s’éteignait l’une des plus grandes figures de la politique et du pouvoir algérien.


On retiendra de cette figure incontournable du pouvoir algérien 


discours sur les travailleurs algériens partis émigrer en France, qui retentit encore aujourd’hui dans les mémoires des anciens : “Koulou Trab Bladkoum Ou’matrouhouch L’França !!” (“Mangez de votre terre ici en Algérie au lieu d’aller immigrer en France où vous êtes très mal traités) 

Il y a des hommes qui marquent l’Histoire à jamais. Lorsque les gens partent, la mémoire a tendance a ne conserver que les meilleurs moments, comme dans les bons vieux film Hollywoodiens, sur un Happy End. Il y a 36 ans maintenant, s’éteignait l’une des plus grandes figures de la politique et du pouvoir algérien. En politique, il est  exclu de faire dans le sentiment. Il s’agit de juger les faits, actions et résultats. Non l’homme. Que retient-on de Houari Boumediene 36 ans plus tard ?

Lorsque l’on demande à quelques anciens de qualifier en un mot l’homme qui fut à la tête de l’Algérie durant leur jeunesse, les anciens d’aujourd’hui, jeunesse d’hier sous Boumediene, répondent d’une seule voix “la fermeté”, avant de poursuivre “ça reste, tout de même, le meilleur président de l’Algérie”. Meilleur est un bien grand mot. Disons que parmi tous les chefs d’Etat que l’Algérie ait connu, son bilan n’est pas le pire. De sa prise de pouvoir en douceur, en passant par ses réformes, sa charte nationale, ses déclarations phares, petit retour sur le parcours de celui qui, à l’âge de 13 ans déjà, a été confronté aux événements sanglants du 8 mai 1945 à Sétif et Guelma, un moment clé dans son futur engagement, qui le marquera à vie et dont il dira plus tard : « Ce jour-là, j’ai vieilli prématurément. L’adolescent que j’étais est devenu un homme. Ce jour-là, le monde a basculé. Même les ancêtres ont bougé sous terre. Et les enfants ont compris qu’il faudrait se battre les armes à la main pour devenir des hommes libres. Personne ne peut oublier ce jour-là. »
En 1932, l’Algérie est encore française. Aïn Hassainia s’appelle alors Clauzel. C’est dans cette petite commune de la wilaya de Guelma comptant parmi les plus anciennes d’Algérie, que dans la chaleur d’un 23 août, Houari Boumediene, de son vrai nom Mohamed Ben Brahim Boukharouba, voit le jour au sein d’une famille de paysans berbère et pauvre du Constantinois.
Engagé politiquement depuis son plus jeune âge, et après être passé par les université de Tunis et du Caire, il poursuit sa formation politique au sein du “bureau du Maghreb arabe” qui échafaude une insurrection contre le système colonial français à l’échelle de toute l’Afrique du Nord. Sa formation politique devient également militaire. Membre du groupe des quinze étudiants envoyés en août 1953 par le bureau du Maghreb arabe suivre des séances d’instruction à l’école de guerre d’Alexandrie, il recevra ensuite un entraînement militaire dans un camp proche du Caire.
1965, prise du pouvoir
En 1955, Boumediene retourne en Algérie et intègre l’ALN (Armée de Libération Nationale). Rapidement, le natif de Guelma gravit les échelons du pouvoir. Alors Chef d’état-major de « l’armée des frontières » forte de 35 000 hommes, bien équipée et disciplinée, il devient, une fois l’indépendance acquise par l’Algérie, vice-président et ministre de la Défense du Conseil de la Révolution, présidée alors par Ben Bella. Ses conceptions politiques et sa vison du pouvoir divergent de ce dernier. Le 18 juin 1965, dans le dos de Ben Bella, alors en visite dans l’Oranais, le colonel Houari Boumédiène prépare son coup d’État, qui aura lieu le lendemain à Alger. Non loin de l’appartement du colonel Boumediene, se trouve la Villa Joly, où réside le chef de l’Etat, à proximité de la Villa Arthur habitée par Bouteflika. Non loin se trouve l’état major de l’ANP (armée nationale populaire), mis au parfum du déroulement de l’opération. Houari Boumédiène confie l’arrestation du président de la République au chef d’état-major de l’armée, le colonel Tahar Zbiri et la Sécurité militaire.
19 juin 1965. Le réveil du président est net et solennel : “Au nom du Conseil de la Révolution, j’ai l’ordre de vous arrêter sous l’inculpation de haute trahison.” Dans une voiture noire, le moteur tourne. Trois officiers encadrent le président. Il est sommé de monter à bord du véhicule. Les portes claquent. La voiture démarre vers une direction inconnue. Au quartier général de Boumediene, le téléphone sonne : “Mission accomplie” glisse le colonel Zbiri.Le 19 juin, le soleil se lève sur l’Algérie et avec elle, un nouveau président voit le jour. Boumediene justifie l’intervention du 19 juin en dénonçant « la mauvaise gestion du patrimoine national, la dilapidation des deniers publics, l’instabilité, la démagogie, l’anarchie, le mensonge et l”improvisation (qui) se sont imposés comme des procédés de gouvernement » sous son prédécesseur.
13 ans aux commandes de l’Etat algérien
Le règne de Boumediene sera marqué par le développement du modèle socialiste. Sur la base de ce modèle, il construit beaucoup d’usines et d’écoles. Et au grand dam de la France, le 24 février 1971, au nom du principe de la récupération des richesses nationales, il procède à la nationalisation des hydrocarbures. Les nouveaux membres du pouvoir sont favorables au non-alignement et à l’unité des pays arabes et africains.
La nationalisation est un des succès majeur de Boumediene, qui lui conférera d’ailleurs une importante dimension internationale. L’ex-militaire a en effet réussi là où l’Iranien Mossadegh avait échoué.
Acquis à la cause des mouvements de libération, le président algérien organise, au cours de l’année 1973, le sommet des non-alignés, auquel se joignent les plus grands dirigeants du Tiers-Monde.
Un an plus tard, toujours en soutien au mouvements de libération d’Afrique, d’Asie et d’Amérique Latine, il organise, en véritable leader du Tiers-Monde, une réunion spéciale de l’Assemblée générale de l’ONU sur les matières premières. A cette occasion, il prononcera un discours exposant une doctrine économique, visant à mettre en place un nouvel ordre économique international plus juste pour les intérêts du Tiers-Monde.
Une nouvelle politique pétrolière est adoptée en 1975 lors du sommet de l’OPEP accueilli par Boumediene. A la suite de ce sommet, il œuvrera pour la paix entre l’Iran du Chah et l’Irak de Saddam Hussein.
En Algérie, à l’été 1976,  une charte nationale est adoptée par référendum. Elle se compose d’un ensemble de textes et vise à réaffirmer la langue arabe comme étant non seulement la langue nationale et officielle du pays, mais aussi la langue que la nation s’efforcera de promouvoir dans le pays, dans un contexte où la question de l’identité kabyle est un facteur de tension avec les autorités nationales. La charte établit également la création du poste de président de la République soumis au suffrage universel et la constitution d’une Assemblée législative.
Une mort suspecte
On apprend au cours de l’année 1978 que le président Houari Boumediene souffre de la maladie de Waldenström, une maladie du sang, mais les circonstances qui conduiront à son décès le 27 décembre 1978 restent encore floues et entourées de mystères. Désormais, ses apparitions se font de plus en plus rares. Il partira se faire soigner en URSS du 29 septembre au 14 novembre 1978. Le diagnostic fera état d’une “hématurie avec tumeur maligne de la vessie”.  Son frère décide de lui rendre visite le 12 octobre, mais Boumédiène, exaspéré par le fait que ce voyage ait été financé avec de l’argent public, lui demande immédiatement de retenir la somme de son salaire de président. Il y a 36 ans jour pour jour, dans le creux de la nuit, à 4 heure du matin et avant de voir poindre à nouveau la lueur du soleil, Houari Boumediene rendit son dernier souffle à l’hôpital Mustapha Bacha d’Alger.
Selon l’ex-ministre des Affaires étrangères irakien Hamed Jabori,Boumediene aurait été empoisonné par les services irakiens avec du thallium. On retiendra de cette figure incontournable du pouvoir algérien ses engagements pour la libération de l’Algérie et des peuples du Tiers-Monde, sa politique intérieure de nationalisation et cette phrase lors d’un discours sur les travailleurs algériens partis émigrer en France, qui retentit encore aujourd’hui dans les mémoires des anciens : “Koulou Trab Bladkoum Ou’matrouhouch L’França !!” (“Mangez de votre terre ici en Algérie au lieu d’aller immigrer en France où vous êtes très mal traités)
Algérie Focus

Anissa Boumediene (Interview Exclusive avec Mme veuve H Boumediene) 30/12/14


HOUARI BOUMEDIENE : Un visionnaire en avance sur son temps



dimanche 30 novembre 2014

Caravane de la mémoire nationale: appelllaux jeunes à contribuer à la consolidation de l'unité et de la stabilité du pays

Le ministre de la jeunesse, Abdelkader Khomri a appelé, dimanche à Batna, les jeunes à contribuer à la consolidation de la stabilité et de l'unité nationales, à la consécration de la démocratie et à la croissance économique du pays.
Les défis d'aujourd'hui "consistent à consolider la stabilité et l'unité de l'Algérie, à développer son économie et à consacrer la démocratie (...) sur la base de la paix et de la réconciliation nationale", a indiqué M. Khomri lors d'un rassemblement de jeunes, organisé à la salle omnisports du 1er novembre 1954 à Batna, à l'occasion de l'arrivée samedi soir de la caravane dédiée à la mémoire nationale dans cette wilaya, en provenance d'Alger.
L'objectif de cette caravane, qui compte 1954 jeunes (symbolisant la date du déclenchement de la révolution nationale) venus de 48 wilayas, "est de réaffirmer le patriotisme des jeunes algériens et leur attachement à l'unité du pays et aux principes de la génération de la révolution nationale", en vue de poursuivre l'édification d'une Algérie démocratique, fondée sur la justice sociale et la solidarité nationale.
Le ministre a salué le rôle des jeunes dans la bataille d'édification du pays depuis l'indépendance et la consécration du choix de la réconciliation nationale, initié par le président de la République, "en vue de panser les blessures du passé et éteindre le feu de la discorde".
M. Khomri a salué "le patriotisme et le courage" des jeunes algériens qui veulent asseoir une démocratie productive d'idées et de valeurs, dans le cadre du dialogue, de la concertation et du respect mutuel.
Le ministre des moudjahidine, Tayeb Zitouni qui a adressé une lettre à ce rassemblement, lue par le directeur du secteur de la wilaya de Batna, a appelé les jeunes à maintenir le contact avec la génération de la Glorieuse révolution nationale".
M. Zitouni les a appelés à rester fidèles au serment fait aux martyrs et aux moudjahidine, "en acquérant le savoir et les connaissances et en suivant les pas des héros de la Révolution nationale".
Plusieurs membres de la famille révolutionnaire de la wilaya  historique ont été distingués à cette occasion, outre l'organisation de visites guidées au niveau de plusieurs sites historiques à Batna.
La caravane se rendra lundi à Khenchela.
APS

mercredi 12 novembre 2014

COMMÉMORATION DE L'ARMISTICE À ORAN : En souvenir des 26.000 Algériens morts pour la France

Les autorités civiles et militaires algériennes, les ambassadeurs des Etats-Unis, du Royaume-Uni et d'Allemagne en Algérie, une délégation d'anciens combattants ect. ont participé à la célébration de cet événement

Les autorités civiles et militaires algériennes, les ambassadeurs des Etats-Unis, du Royaume-Uni et d'Allemagne en Algérie, une délégation d'anciens combattants ect. ont participé à la célébration de cet événeme


Pendant la Première Guerre mondiale, 175.000 soldats algériens étaient mobilisés pour défendre la France.
C'est à la nécropole du Petit Lac d'Oran où sont notamment enterrés des soldats d'Algérie, de France, d'Amérique et du Royaume-Uni, et qui a longtemps abrité un carré allemand, que l'ambassade de France en Algérie a célébré, hier, l'Armistice du 11 Novembre 1918. Les autorités civiles et militaires algériennes, les ambassadeurs des Etats-Unis, du Royaume-Uni et d'Allemagne en Algérie, une délégation d'anciens combattants, des élèves algériens et des représentants de la communauté française ont participé à la célébration de cet événement qui marque la fin de la Première Guerre mondiale.
Cette célébration organisée à Oran s'inscrit dans le droit fil de la présence, lors du défilé du 14 Juillet dernier, sur les Champs-Elysées, du drapeau algérien et de sa garde. Elle se veut aussi un hommage particulier aux 175.000 soldats d'Algérie qui ont pris part aux combats, dont 26 000 sont morts pour la France, ainsi qu'aux anciens combattants algériens qui ont contribué, il y a soixante-dix ans, à la libération du territoire européen.
Dans son allocution, Bernard Emié, ambassadeur, haut représentant de la République française en Algérie, a indiqué que notre devoir est de nous incliner devant la mémoire des millions de soldats, victimes de la Première Guerre mondiale. Il a rendu hommage aux combattants algériens. «Je veux particulièrement mentionner les cent soixante-quinze mille soldats, sous-officiers et officiers algériens qui prirent une part déterminante à ce conflit, au cours duquel vingt-six mille d'entre eux perdirent la vie. Ils écrivaient par ce sacrifice, une page de l'histoire de la France et de l'Algérie qui, aujourd'hui encore, confère aux relations entre nos deux pays, son caractère exceptionnel et égal à nulle autre», a-t-il dit.
Il a ajouté que ces liens tissés lors des combats menés en commun se confirmeront, au cours de la Seconde Guerre mondiale pendant laquelle les soldats algériens prirent une part essentielle à la lutte pour la liberté contre le nazisme.
«La France n'oublie pas ce qu'elle doit à ces soldats venus d'Algérie. Elle a, au contraire, souhaité graver dans la pierre de ses monuments les plus prestigieux le souvenir de cette contribution, comme, par exemple, au Mémorial consacré aux soldats musulmans de Verdun», a-t-il affirmé.
L'ambassadeur évoque également la présence, lors du défilé international du 14 Juillet dernier sur les Champs-Elysées, pour marquer le centième anniversaire du déclenchement de la Première Guerre mondiale du drapeau algérien et de sa garde et, plus généralement, à la place importante de l'Algérie dans les manifestations organisées dans le cadre du centenaire de la Première Guerre mondiale.
L'orateur a fait le lien entre l'engagement d'hier pour la dignité et la liberté et celui d'aujourd'hui en matière de «la lutte que doivent mener ensemble nos pays respectifs, contre le terrorisme et à laquelle ils apportent une réponse, pour l'essentielle, commune».
Pour sa part, l'ambassadeur des Etats-Unis d'Amérique en Algérie, Joan A. Polaschik, a exprimé la satisfaction de son pays quant au partenariat entre l'Algérie et l'Otan.
«Les Etats-Unis se réjouissent du partenariat grandissant entre l'Algérie et l'Otan et remercient le gouvernement Algérien de se joindre à nous aujourd'hui pour cette commémoration», a-t-il déclaré.
Il a souligné qu'à travers l'engagement pris de principes démocratiques partagés, de libertés individuelles et d'Etat de droit, «les Etats-Unis, la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni ont bâti une alliance durable qui a promu la paix et la stabilité pendant des décennies». «C'est un privilège de rendre hommage aux hommes et aux femmes qui ont servi leur nation, en un lieu sacré où tant d'entre eux ont combattu vaillamment pour défendre leur pays et où beaucoup ont fait l'ultime sacrifice pour leur patrie», a-t-il soutenu. L'ambassadeur US a exprimé son émotion de se tenir en ce lieu sacré avec des collègues et amis qui, autrefois se sont entrebattus férocement et maintenant sont amis et partenaires. Aux USA, a-t-il rappelé, l'anniversaire de l'armistice est commémoré par des actions de grâce, de prières et d'exercices conçus pour perpétuer la paix dans un esprit de bienveillance et de compréhension mutuelle entre les nations.
L'expression

dimanche 2 novembre 2014

jeudi 30 octobre 2014

Chronologie de la révolution source l'APS

24 juin 1954

Réunion du Groupe des 22



La réunion du Groupe des « 22 » le 24 juin 1954 à Clos Salembier (El Madania-Alger), présidée par Mustapha Benboulaid, est considérée par les historiens comme étant le premier jalon sur la voie du soulèvement armé contre le système colonial à travers le déclenchement de la Guerre de libération, le 1er novembre 1954. La crise que connait le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD) avait poussé des membres de l’Organisation Secrète (OS) à ouvrer pour la sauvegarde du parti de l’éclatement à cause du conflit opposant « Messalistes » et « Centralistes ». C’est ainsi qu’ils créent le 23 mars 1954 le Comité révolutionnaire pour l’unité et l’action (CRUA). L’objectif du CRUA, comme l’indique son sigle, est de ressouder les rangs du parti et engager ce dernier dans « l’action direct », c’est-à-dire la guerre de libération. Après la dissolution par le parti de l’OS, suite a sa découverte par la police coloniale, Mohamed Boudiaf avait gardé le contact avec les anciens militants et était chargé, par Hocine Lahouel, responsable du parti à Alger, pour remettre les choses en place et passer ainsi à l’action, à savoir la lutte armée. Boudiaf réunit alors une équipe de 22 personnes dans la villa d’Elias Derriche à Clos Salembier, le 24 juin 1954, présidée par Mustapha Ben Boulaid. A l’issue de cette réunion, une motion fut adoptée condamnant les actions allant dans le sens de semer la division au sein du parti, prônant, dans ce cadre, la nécessité du déclenchement de la lutte armée et décidant enfin de la nomination d’un responsable national chargé d’appliquer les objectifs fixés par la réunion. Mohamed Boudiaf est alors nommé au poste de coordinateur. Ce dernier fait appel à Mustapha Ben Boulaid, Didouche Mourad, Larbi Ben M’hidi et Rabah Bitat pour former avec eux le Comité des cinq chargés d’appliquer la résolution adoptée par la réunion des « 22 ». Ce Comité s’élargit par la suite à un sixième membre en s’adjoignant Krim Belkacem.



23 octobre 1954

La réunion des Six

La réunion du groupe des 22 historiques, qui a décidé en juin 1954 de passer à la lutte armée contre la France coloniale pour arracher l’indépendance de l’Algérie, a chargé un groupe de cinq de ses membres des préparatifs. Composé de Mohamed Boudiaf, Larbi Ben M’hidi, Mustapha Benboulaid, Mourad Didouche et Rabah Bitat, ce collectif s’est élargi par la suite à Krim Belkacem pour former le «Comité des Six». Après plusieurs rencontres, les Six s’étaient réunis une dernière fois le 23 octobre 1954 à Bologhine (Alger), plus exactement au 24, rue Comte-Guillot, actuellement avenue Bachir Bedidi, pour arrêter le plan définitif de passage à la lutte armée. C’est ainsi que la date du 1er novembre 1954, à partir de minuit, a été choisie pour le déclenchement de la Révolution algérienne. Sur le plan militaire, ils ont procédé au partage du territoire national en cinq zones (les Aurès, le Constantinois, la Kabylie, l’Algérois et l’Oranie) ; chacun d’eux s’est vu confier la direction d’une zone à l’exception de Boudiaf qui a été chargé de la coordination. Les Six ont également adopté une proclamation intitulée «Appel au peuple algérien», rendue publique dès le 1er novembre, et ont prévu de se revoir en janvier 1955 pour une réunion d’évaluation.

1 novembre 1954

Le 1er novembre 1954 sonne le glas sur le mythe de "l’Algérie française"

Le 1er novembre 1954, date du déclenchement de la guerre de libération nationale, qui avait sonné le glas sur le mythe de "l’Algérie française", demeure une date à forte charge symbolique pour les Algériens, qui célèbrent son 60e anniversaire. 60 ans après, la Déclaration du 1er novembre 1954, premier document officiel annonçant la naissance du Front de libération nationale (FLN) et de la résurrection d’une nation jalouse de sa liberté, demeure toujours d’actualité de par la vision de ses rédacteurs qui avaient jeté les premiers jalons d’un Etat algérien indépendant.

18 avril 1955

Conférence de Bandung : premier succès diplomatique du FLN sur la France

Dès le déclenchement de la Révolution, le Front de libération nationale (FLN) s’est préoccupé de l’internationalisation du conflit armé contre la France, comme moyen de lutte pour l’indépendance, et la conférence de Bandung d’avril 1955 lui a permis de lancer cette question. La lutte armée s’est ainsi doublée d’une action diplomatique avec comme objectif de sensibiliser l’opinion mondiale à la cause algérienne, d’intéresser les gouvernements étrangers et de mobiliser les instances internationales. En plus d’une aide matérielle (livraison d’armes), le FLN cherchait surtout un soutien moral sous forme de pressions sur la France à propos de sa politique algérienne.

20 août 1955

Offensive du nord constantinois

De nombreux historiens s’accordent à affirmer que l’offensive du nord-Constantinois, du 20 août 1955, a été un « tournant décisif » dans la guerre de libération nationale, voire une étape clé dans le processus de lutte pour l’indépendance du pays. L’offensive du nord-Constantinois a été décidée dans un contexte marqué par des tentatives de la France coloniale de nier, auprès de son opinion publique et sur la scène internationale, le caractère révolutionnaire des « événements d’Algérie ». Elle est allé jusqu’à accuser des parties étrangères, à l’instar des Egyptiens et des communistes, d’être derrière ces événements. De plus, depuis le déclanchement de la guerre, l’armée coloniale assiégeait les Aurès et la Kabylie dans une tentative d’asphyxier les maquis et de « tuer la révolte là où elle est née ».

19 mai 1956

Grève du 19 mai 1956 : les étudiants à la disposition de la Révolution

Après avoir apporté son soutient à la Révolution, l’Union générale des étudiants musulmans algériens (UGEMA) décide de s’impliquer dans la lutte en appelant les étudiants à la grève illimitée à partir du 19 mai 1956 et à se mettre à la disposition du Front de libération nationale (FLN). L’appel à la grève immédiate des cours et des examens, inspiré par le FLN, a été lancé à l’initiative des membres de la section de l’université d’Alger de l’UGEMA lors d’une assemblée générale des étudiants le 18 mai au Cercle Saâdane (Casbah).

20 août 1956

Congrès de la Soummam : évènement clé dans la réussite de la révolution

Parmi les dates et évènements majeurs ayant marqué la longue lutte du peuple algérien pour son indépendance, le congrès de la Soummam du 20 août 1956 est considéré comme un évènement clé dans la réussite de la révolution algérienne et dont les décisions avaient permis la poursuite du combat malgré les difficultés et la puissance redoutable de l’armée coloniale. En effet, prés de deux ans après le déclenchement de la révolution, qui était jusque-là régie sur la base d’un seul document à savoir la déclaration du 1er novembre 1954, la nécessité d'organiser cette lutte, de la structurer et de lui donner une assise nationale devint une nécessité absolue. Depuis sa sortie de prison en janvier 1955 (il fut arrêté en 1950), Abane Ramdane s’est attelé, en compagnie de Larbi Ben M’hidi, les deux architectes du congrès de la Soummam, à doter la révolution d’une direction politique homogène. Les deux dirigeants ont commencé alors à contacter les responsables nationalistes et les chefs de zones pour la tenue d’un congrès rassembleur. Une initiative qui fut favorablement accueilli.

28 janvier 1957

Grève des 8 jours : le ralliement inconditionnel du peuple algérien au FLN démontré

La grève des huit jours (1957) compte parmi les plus importants défis relevé par le peuple algérien durant la guerre de libération pour démontrer son ralliement inconditionnel au Front de libération nationale (FLN). La grève à laquelle avait appelé le comité de coordination et d’exécution (CCE) du FLN a démontré infailliblement le caractère populaire de la guerre de libération, confortant, ainsi, la place et le rôle du FLN en tant que représentant légitime du peuple algérien. Précédée par des évènements "exceptionnels" qui ont préparé le terrain à l’instar du congrès de la Soummam qui a donné naissance à la direction nationale, cette grève a amené l’administration française à intensifier son oppression à l’encontre du peuple algérien. L’appel à la grève des huit jours dans un contexte particulier marqué notamment par la tenue la 11e session de l’Assemblée générale des Nations unies dont l’ordre du jour a comporté la cause algérienne sur demande du groupe arabo-asiatique. L’opportunité a ainsi été donnée pour sensibiliser l’opinion internationale à l’égard de ce qui se passait en Algérie et mettre à nu les tentatives de désinformation menées par la France pour briser la cadence de la révolution.

17 septembre 1957

Inscription de la question algérienne à l’ordre du jour de la XIIème session de l’ONU

La question algérienne fut inscrite à l’ordre du jour de la XIIème session des Nations unies ouverte à New York le 17 septembre 1957. Ainsi ce fut un nouveau pas en avant pour l’indépendance de l’Algérie. Malgré les efforts déployés par les équipes de propagande du gouvernement français à l’étranger et, en particulier, en Amérique Latine, l’Assemblée générale adopta à l’unanimité une résolution dans laquelle elle avait exprimé sa « foi en une solution pacifique et conforme à l’esprit de la Charte » des Nations Unies. L’évolution de la cause algérienne devenait ainsi nettement sensible. Cette évolution fut clairement exprimée dans cette résolution qui évoquait, à propos du problème algérien, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

19 septembre 1958

Proclamation et constitution du Gouvernement Provisoire de la République Algérienne

En ce jour du 19 septembre 1958 a été constitué et proclamé le premier Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA), au Caire. Ce fut alors une étape décisive dans la poursuite de la lutte de libération nationale pour la restauration de l’Etat algérien. En fait, cet évènement majeur dans la marche de la révolution algérienne était la concrétisation d’une décision cruciale prise deux années auparavant, par le congrès de la Soummam, et considérée alors comme un pas décisif dans la lutte nationale pour l’indépendance. La constitution du GPRA était le résultat de la mise en œuvre par le Comité de coordination et d’exécution (CCE) des résolutions adoptées par le Conseil national de la révolution algérienne (CNRA) réuni en août 1958, au Caire. L’objectif attendu était le parachèvement des institutions de la Révolution. C’est ainsi que le concert des reconnaissances du jeune gouvernement en exil s’est poursuivi pour aboutir au 1er juillet 1962, à la veille du référendum d’autodétermination, à 36 pays, malgré le travail de sape des tenants de l’occupation. Désormais, la voix de l’Algérie était partout, présente grâce aux activités incessantes des représentants officiels de son gouvernement doté de départements ministériels dirigés par des militants à toute épreuve lui faisant gagner en audience internationale et en crédibilité de par leurs actions diplomatiques laborieuses dans les forums régionaux et internationaux et dans les nombreuses capitales où le GPRA disposait de représentations permanentes, y compris à l’ONU.

11 décembre 1960

Manifestations du 11 décembre 1960 : un «référendum populaire» pour l’indépendance de l’Algérie

Les manifestations du 11 décembre 1960 furent un "référendum populaire" pour l’indépendance de l’Algérie que les historiens avaient qualifié de "véritable Dien Bien Fu psychologique". Le peuple algérien, ce jour-là, est sorti dans les principales villes d’Algérie pour contrecarrer le plan du général Charles de Gaulle visant à imposer une solution "octroyée" dans le cadre d’une décentralisation de l’administration coloniale avec une "autonomie" des territoires algériens, sous son fameux slogan de "l’Algérie algérienne". Dans un entretien, l’ancien directeur du journal El Moudjahid pendant la guerre de libération nationale et porte parole de la délégation algérienne à Evian, M. Rédha Malek, a affirmé que les manifestations du 11 décembre avaient constitué un tournant "décisif" dans la lutte pour l’indépendance du pays, en ce sens qu’elles avaient permis au Front de libération nationale (FLN) d’isoler la France sur la scène internationale.

17 octobre 1961

Le 17 octobre 1961 : un massacre occulté de la mémoire

Des dizaines de milliers d’Algériens ont été massacrés dans le froid et la pluie à Paris par des policiers chauffés à blanc par des instructions féroces dictées en haut lieu et appliquées avec zèle par le préfet de police de l’époque, Maurice Papon. Le seul tort des Algériens, victimes de la répression, en cette nuit du 17 octobre 1961, est d’être sortis, manifester pacifiquement, contre le couvre-feu raciste qui leur a été imposé par la préfecture de police et répondre à un appel à la protestation de la Fédération de France du FLN, contre plusieurs cas de violence policière ayant eu lieu exclusivement contre la communauté algérienne. La réponse policière sera terrible. Plus tard dans la soirée, les rues de Paris étaient jonchées de cadavres de milliers d’Algériens dont un grand nombre fut jeté dans les eaux froides de la Seine.

18 mars 1962

Signature des Accords d’Evian

Signés le 18 mars 1962 par les représentants du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) et les représentants du gouvernement français, les Accords d’Evian avaient permis de décréter un cessez-le-feu, le 19 mars de la même année, qui était le point de départ d’une nouvelle ère, celle de l’autodétermination d’un peuple qui avait consenti de lourds sacrifices pour imposer sa volonté d’indépendance, face à un occupant « longtemps convaincu de son infaillibilité ». Il est très important de signaler, dans ce contexte, que la majorité des historiens reconnaissent que le déclenchement de la lutte armée le 1er novembre 1954, n’avait jamais fermé la porte aux négociations pour l’indépendance de l’Algérie, dans la mesure où, les premiers contacts entre le FLN, représentant unique de la résistance nationale et le gouvernement français, avaient déjà débuté secrètement en 1956, notamment, dans le cadre des pourparlers informels entre la délégation extérieure du FLN et Pinaud.

19 mars 1962

Le 19 mars 1962, une renaissance de la nation algérienne

La proclamation, le 19 mars 1962, du cessez-le-feu en Algérie venait conclure les négociations d’Evian, marquant ainsi d’une manière éclatante le triomphe de l’option de l’indépendance et annonçant la renaissance d’une nation que 132 ans de colonialisme n’avaient pas réussi à anéantir. Cette date, consacrée fête nationale de la Victoire en Algérie, scellait définitivement la fin d’une guerre sanglante ayant endeuillé des millions d’Algériens, et marquait le début du grand chantier de la reconstruction de l’Etat-nation algérien. Elle marquait également le début d’un long processus pour les Algériens, qui, dès l’indépendance, s’attelèrent à panser les blessures profondes de plus d’un siècle d’une colonisation atroce et inhumaine.

vendredi 17 octobre 2014

Manifestations du 17 octobre 1961: haut fait indissociable de l'histoire de la révolution nationale

Manifestations du 17 octobre 1961: haut fait indissociable de l'histoire de la révolution nationale

Les manifestations du 17 octobre 1961 constituent "un haut fait indissociable de l'histoire de la révolution nationale", ont affirmé jeudi les participants à une conférence au Musée national du Moudjahid sur le thème "Crimes du 17 octobre 1961: prolongement des crimes de l'occupation française en Algérie".
Mohamed Corso, enseignant à l'université d'Alger II, a estimé que cette date qui marque l'ouverture d'un deuxième front révolutionnaire algérien en France constituait un haut fait indissociable de l'histoire de la révolution de liberation nationale contre l'occupation française.
Ces manifestations "ont révélé aux Algériens et à toute la communauté internationale une cause algérienne revendiquant l'affranchissement du joug colonial", a-t-il dit.
Les manifestations du 17 octobre 1961 constituent aux yeux du droit international des crimes contre l'humanité, a soutenu Kamel Filali, enseignant de droit à l'université Mentouri I de Constantine et expert international en la matière.
Ces crimes ont été planifiés et exécutés, en vue de semer la division, consacrer le racisme contre les Algériens et les réprimer, au moment où la France se prétendait berceau des principes des droits de l'homme, a-t-il souligné.
La nuit du 17 octobre 1961 "restera gravée dans les mémoires de ceux qui l'ont vécue parmi les Algériens et les Français et dans l'histoire, en tant que marque de déshonneur pour la France Coloniale", a estimé Mme Abdelmoumene Akila Ouared, membre de la Fédération de France du FLN.
"Les manifestations du 17 octobre sont un fait indissociable dans l'histoire de la révolution nationale et non un acte isolé qui s'est produit en France", a-t-elle rappelé soulignant que les manifestations étaient préparées et planifiées par les dirigeants de la révolution et animées par des Algériens venus exprimer leur rejet de la colonisation et leur attachement à la révolution.
Mme Abdelmoumene a exhorté les générations montantes à ne pas oublier les souffrances endurées par leurs aïeux pour que les Algériens vivent dans la liberté, l'indépendance, la fierté et la dignité.
"L'écriture de l'histoire et la valorisation des hauts faits de la révolution "sont la meilleure réponse à donner à la France coloniale", a-t-elle estimé.
APS